Une femme à la tête du Parlement : un symbole qui ne peut masquer la répression syndicale

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L’élection de Madame Khalida Boufedeche à la présidence de l’Assemblée populaire nationale constitue une première dans l’histoire politique de l’Algérie. Pour la première fois, une femme accède au perchoir de la chambre basse du Parlement et devient le quatrième personnage de l’État.

Présentée comme une avancée institutionnelle en faveur de la représentation des femmes, cette nomination intervient pourtant dans un contexte qui en relativise fortement la portée.

D’abord parce que cette Assemblée est issue des élections législatives du 2 juillet 2026, marquées par un taux de participation officiel de seulement 21,24 %, le plus faible jamais enregistré en Algérie. Ensuite parce que la nouvelle législature ne compte que 25 femmes sur 407 députés, soit à peine 6 % des sièges, un recul historique par rapport aux précédentes assemblées.

Au-delà de ces chiffres, l’installation d’une femme à la tête d’un Parlement dont la représentativité est largement contestée ne peut ni effacer ni dissimuler les atteintes portées aux libertés fondamentales.

Au moment où les autorités mettent en avant cette nomination comme un symbole de modernité, elles poursuivent dans le même temps une politique de restriction de l’espace civique. La dissolution du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE) en constitue l’une des illustrations les plus marquantes.

Cette décision représente une attaque frontale contre le droit des travailleurs à s’organiser librement, à défendre leurs revendications et à exercer une activité syndicale indépendante. Elle s’inscrit dans un contexte plus large marqué par les poursuites contre des syndicalistes, des militants et des citoyens exprimant pacifiquement leurs opinions.

Dans ces conditions, la désignation d’une femme à la tête d’une institution issue d’un scrutin massivement boudé par les électeurs apparaît avant tout comme un symbole politique. Si elle revêt une dimension historique sur le plan de la représentation, elle ne saurait occulter la réalité des restrictions croissantes des libertés publiques et syndicales.

Les avancées en matière de représentation ne peuvent être dissociées du respect des droits fondamentaux. Une démocratie ne se mesure pas uniquement à l’identité de ceux qui occupent les plus hautes fonctions, mais aussi à la capacité de ses citoyens, de ses travailleurs et de leurs organisations à exercer librement leurs droits. À cet égard, la dissolution du CNAPESTE demeure un signal préoccupant sur l’état des libertés syndicales en Algérie.

Source : Le Monde.

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