Les deux journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, interpellés le même jour et emprisonnés depuis le 11 mai 2024, ont vu leur peine de trois ans et demi de prison pour “blanchiment d’argent” et “évasion fiscale” confirmée par la Cour d’appel de Tunis le mardi 12 mai 20263.
Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.
Le verdict de cette première instance avait déclenché en Tunisie, un rassemblement le vendredi 24 avril de journalistes en soutien à leurs collègues. Cette action avait aussi pour objectif de dénoncer la mise en garde à vue d’un autre journaliste ; Zied El Heni, déjà condamné à 6 mois de prison avec sursis en 2024. La raison de cette répression concernait des propos accusatoires en réponse à des décisions judiciaires qui visaient des collègues journalistes. Il sera condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour atteinte à autrui.
Pendant une audience de plus de trois heures, le juge a posé de nombreuses questions aux prévenus : sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés. Face à cela, les avocats ont de nouveau dénoncé le manque de preuves dans le dossier. En effet, après 23 mois d’enquête, aucune preuve sérieuse n’a été établie.
A la suite du verdict, Sami Ben Ghazi, avocat des deux accusés, a déclaré : “Nous sommes très déçus de ce verdict” qui confirme la peine de première instance. Quant à Meriem Zeghidi, sœur de Mourad Zeghidi, il déclare que “le régime continue dans sa lancée en maintenant l’injustice”.
Cette affaire est une nouvelle preuve du recul massif des droits fondamentaux en Tunisie. Depuis le coup de force du président Saied à l’été 2021, même l’existence des médias indépendants subit des demandes récurrentes de dissolution par le gouvernement.
Sources : Ouest-France, Le Monde, RFI