La décision rendue le 11 juin 2026 par le tribunal d’Aïn Témouchent marque une nouvelle étape dans les poursuites visant l’activiste Said Riahi. Après avoir comparu dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, celui-ci a été placé en détention provisoire, tandis que son procès a été renvoyé au 15 juin.
À l’origine de cette affaire figurent des publications diffusées sur Facebook, qui ont conduit à son arrestation le 9 juin au soir sur son lieu de travail. Pendant près de deux jours, il est resté en garde à vue avant d’être présenté au procureur de la République, lequel a décidé de le traduire devant le tribunal selon une procédure accélérée. Le juge a finalement choisi de le maintenir en détention dans l’attente de son audience.
Pour Said Riahi, cette incarcération n’est malheureusement pas une première. Il s’agit de sa troisième arrestation, après avoir déjà connu la prison à deux reprises en raison de ses prises de position publiques. Son parcours témoigne d’une succession de poursuites liées à l’expression de ses opinions, un contexte qui suscite de nombreuses interrogations sur la place accordée à la liberté d’expression.
Cette nouvelle épreuve intervient alors que sa famille est déjà confrontée à une situation particulièrement difficile. Son frère, Malik Riahi, demeure emprisonné depuis plus de quatorze mois sans avoir été jugé, une attente qui nourrit l’inquiétude et l’épuisement de ses proches.
Quelques semaines avant son arrestation, Said Riahi avait lancé un appel public pour dénoncer les conditions imposées à son frère en détention. Il affirmait notamment que ce dernier s’était vu refuser un mandat d’argent pourtant envoyé depuis près de deux mois. Selon lui, cette décision ne relevait pas d’un simple dysfonctionnement administratif, mais constituait une mesure arbitraire destinée à exercer une pression psychologique sur le détenu et sa famille.
Au-delà de son cas personnel, cette affaire illustre les difficultés rencontrées par des citoyens qui utilisent les réseaux sociaux pour exprimer leurs opinions ou dénoncer des situations qu’ils estiment injustes. Le recours à la détention provisoire dans une procédure liée à des publications en ligne alimente les préoccupations des défenseurs des droits humains, qui rappellent que la privation de liberté devrait demeurer une mesure exceptionnelle.
L’audience prévue le 15 juin sera suivie avec une attention particulière. Son issue dépassera le seul destin de Said Riahi : elle constitue également un indicateur de la manière dont sont traitées les voix critiques et les libertés fondamentales dans le pays.
Source : SHOAA for Human Rights