Nadir Chelbabi : Face à la condamnation, l’hommage à une voix de la défense des libertés

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Mon procès, programmé pour aujourd’hui, s’est tenu comme prévu. La cour d’Alger a confirmé le verdict rendu en première instance, par lequel j’avais été condamné à une peine de 18 mois de prison, dont 4 mois avec sursis.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude et ma haute considération à l’illustre Maître Fetta Sadat, avocate éminente et militante des droits de l’Homme depuis 1989, membre fondateur de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme aux côtés du regretté Ali Yahia Abdennour, l’une des figures majeures du combat démocratique en Algérie. Son parcours professionnel et militant constitue le prolongement naturel de l’école des grands défenseurs des valeurs humaines et de l’État de droit, à l’instar d’Ali Yahia Abdennour, de Jacques Vergès, de Gisèle Halimi et de Robert Badinter, qui ont consacré leur vie à la défense des droits et des libertés avec engagement et courage. Elle a, à son tour, été une voix lumineuse face à l’injustice.

Maître Fetta Sadat a incarné un modèle rare d’intégrité dans la vie politique, et s’est imposée comme l’antithèse des corrompus. Dans un contexte électoral difficile, marqué par l’emprise de l’argent sale, l’influence des milieux d’affaires et l’expansion des courants islamistes, elle a réussi à arracher un siège au Parlement en représentant la capitale, non pas grâce à des réseaux d’influence, mais grâce à son capital militant et à la confiance des citoyens. Elle a ainsi honoré la femme algérienne et confirmé sa capacité à s’imposer dans les sphères de décision. Elle est entrée au Parlement les mains propres et en est sortie la tête haute, sans s’engager dans des arrangements ni compromettre ses principes.

À l’issue de son mandat parlementaire en 2021, elle ne s’est pas retirée de la scène publique, contrairement à beaucoup d’autres, mais a poursuivi son engagement fidèle à ses valeurs et à ses principes. Lorsqu’elle revient dans les salles d’audience, nombreux sont ceux qui ont le sentiment qu’une lumière entre avec elle ; sa présence apporte de l’espoir, et ses plaidoiries rétablissent l’équilibre de la justice, incarnant ainsi cette figure de « l’ange lumineux » aux côtés des opprimés.

Elle a consacré ses efforts à la défense des détenus d’opinion, des militants du Hirak, des journalistes et de toutes les personnes poursuivies en raison de leurs opinions, en les accompagnant juridiquement et en portant leurs causes avec courage. Son parcours après son mandat parlementaire confirme que la politique n’est pas un simple poste, mais une responsabilité continue, et que le véritable combat ne s’arrête pas à la fin des mandats, mais se renouvelle et s’approfondit.

L’Histoire, tout comme les générations futures, se souviendront de son engagement, de son courage et de son combat constant pour la justice et la liberté, et son nom restera gravé en lettres d’or dans la mémoire des défenseurs du droit.

Source : Nadir Chelbabi

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