Le tribunal d’Aïn Témouchent a condamné le détenu d’opinion Mohamed Saïd Riahi à 18 mois de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars, après le report du délibéré intervenu à l’issue de son procès tenu la semaine dernière.
Lors de l’audience, le ministère public avait requis une peine de trois années de prison ferme ainsi qu’une amende. Le tribunal a finalement prononcé une peine de dix-huit mois d’emprisonnement.
Ancien détenu d’opinion, Mohamed Saïd Riahi n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. Arrêté le 9 juin 2026 sur son lieu de travail à Aïn Témouchent, il avait été placé en garde à vue avant d’être présenté en comparution immédiate puis placé en détention provisoire. Selon les informations publiées à l’époque, cette arrestation constituait la troisième procédure engagée contre lui en lien avec ses prises de position publiques.
Frère du détenu d’opinion Malik Riahi, Mohamed Saïd Riahi s’était également exprimé quelques semaines avant son arrestation pour dénoncer les conditions de détention de son frère. Il affirmait notamment que celui-ci s’était vu refuser un mandat d’argent destiné à améliorer son quotidien en prison, une situation qu’il présentait comme une mesure arbitraire exercée contre sa famille.
Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte marqué par la multiplication des poursuites visant des militants, journalistes, défenseurs des droits humains et citoyens poursuivis pour leurs opinions ou leurs publications. Plusieurs organisations de défense des droits humains continuent d’alerter sur les restrictions pesant sur la liberté d’expression et sur le recours à des poursuites pénales contre des voix critiques.
Au-delà du cas de Mohamed Saïd Riahi, cette décision relance les inquiétudes concernant l’évolution des libertés publiques en Algérie. Les condamnations successives visant des militants et anciens détenus d’opinion nourrissent les préoccupations des défenseurs des droits humains, qui appellent au respect des engagements internationaux de l’Algérie en matière de liberté d’expression, de garanties judiciaires et de procès équitable.
Riposte Internationale exprime sa pleine solidarité avec Mohamed Saïd Riahi, avec son frère Malik Riahi ainsi qu’avec l’ensemble des détenus d’opinion en Algérie. L’organisation appelle à la libération des personnes poursuivies ou emprisonnées pour l’exercice pacifique de leurs droits et réaffirme son attachement à la liberté d’expression, à la liberté d’association et au droit à un procès équitable.
Source : Nacima Bouzemi.