L’avocat et ancien ministre tunisien Mohamed Abbou a lancé un appel alarmant concernant les conditions de détention dans les prisons tunisiennes, évoquant une dégradation inquiétante de l’état de santé de plusieurs détenus, notamment parmi les prisonniers politiques.
Dans une publication récente, il s’est particulièrement attardé sur le cas de l’ancien ministre et dirigeant politique Ghazi Chaouachi. Selon lui, ce dernier souffre de graves problèmes de santé qui le contraignent à passer entre 23 et 24 heures par jour allongé sur son lit, incapable de se déplacer normalement en raison de douleurs persistantes.
Au-delà du cas de Ghazi Chaouachi, Mohamed Abbou décrit une situation qu’il juge préoccupante dans plusieurs établissements pénitentiaires. Il évoque notamment le décès de certains détenus en prison ainsi que la détérioration de la santé physique et psychologique de nombreuses personnes poursuivies dans des affaires qu’il estime dépourvues de fondement sérieux.
L’ancien ministre attire également l’attention sur les conditions de détention des détenus de droit commun. Il dénonce la surpopulation carcérale, les difficultés d’accès à une alimentation suffisante ainsi que des conditions de vie qu’il considère incompatibles avec le respect de la dignité humaine.
Selon son témoignage, le manque d’espace dans certains établissements conduit des détenus à dormir dans les couloirs ou sous les lits, tandis que plusieurs prisonniers sont parfois contraints de partager des couchages dans des conditions particulièrement difficiles.
Mohamed Abbou estime que la situation actuelle exige une mobilisation plus importante de la société tunisienne. Il appelle à une prise de conscience collective face aux conditions de détention et aux conséquences humaines de l’incarcération prolongée de nombreux opposants politiques et détenus.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la multiplication des critiques émanant de responsables politiques, d’avocats et d’organisations de défense des droits humains concernant la situation des libertés publiques et les conditions de détention en Tunisie.
Source : Ahmed Knani