Migration algérienne : symptôme d’un contrat social brisé

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Les 21 et 22 février, une opération menée par le Salvamento Marítimo et la Guardia Civil a permis d’intercepter 109 migrants dans la région de Murcie. Une partie d’entre eux doit être transférée vers Águilas, le Puerto de Escombreras à Carthagène, ainsi qu’à San Pedro del Pinatar.

Dans le même temps, les autorités espagnoles constatent une hausse des arrivées aux Baléares, avec un déplacement des routes migratoires du Maroc vers l’Algérie. Les embarcations partent désormais davantage des côtes algériennes, signe d’un retournement significatif.

Ce déplacement géographique révèle une réalité plus profonde : la migration algérienne n’est plus marginale, elle devient structurelle. Ce ne sont pas seulement des départs clandestins isolés. C’est une génération qui décide de partir de fuir une réalité incertaine pour un rêve vers l’Europe qui est encore plus pernicieux et remplie d’embuche.

La jeunesse algérienne ne traverse pas la Méditerranée par goût du risque. Elle le fait par saturation. Chômage persistant, verrouillage politique, absence de perspectives claires, défiance envers les institutions : le cocktail est explosif et en résulte ce marasme. Le marasme n’est pas seulement économique; il est moral; il est institutionnel; il est politique. Lorsque les jeunes diplômés considèrent l’exil comme unique horizon rationnel, ce n’est plus un simple phénomène migratoire. C’est un diagnostic sévère d’échec étatique. Lorsque l’horizon national se brouille, l’exil apparaît comme la seule stratégie rationnelle.

On peut renforcer les contrôles maritimes, multiplier les interceptions, déplacer les centres d’accueil en Espagne. Mais aucune opération ne peut contenir une perte collective d’espérance.

Un État qui voit partir ses jeunes en masse ne fait pas face à une simple crise migratoire. Il affronte une crise de confiance.

La mer Méditerranée devient alors un baromètre politique : plus les départs augmentent depuis l’Algérie, plus cela signale un contrat social fragilisé. Intercepter des embarcations est une réponse sécuritaire. Restaurer l’espoir est une réponse politique.

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