Maroc : un an de détention pour la militante Saïda El Alami, entre poursuites pour expression en ligne et alertes des mécanismes internationaux

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Un an après sa réincarcération, la militante des droits humains Saïda El Alami demeure détenue au Maroc dans une affaire liée à des publications sur les réseaux sociaux. Elle est poursuivie pour « outrage à des institutions légalement constituées » et « outrage à la justice », en lien avec des contenus dans lesquels elle critiquait la situation politique et sociale du pays.

Pour plusieurs organisations de défense des droits humains, cette affaire illustre une tendance préoccupante à la judiciarisation de l’expression en ligne. Elles estiment que les poursuites engagées concernent des opinions exprimées pacifiquement, sans éléments d’incitation à la violence ou d’appel à des actes illégaux, ce qui soulève des interrogations au regard des standards internationaux relatifs à la liberté d’expression.

Un parcours judiciaire marqué par une succession de détentions

L’affaire de Saïda El Alami s’inscrit dans un cycle judiciaire déjà ancien. En mars 2022, elle avait été arrêtée pour des publications sur les réseaux sociaux, puis condamnée à trois ans de prison ferme. Elle avait recouvré la liberté en juillet 2024 à la suite d’une grâce royale.

Cette libération n’a toutefois pas mis fin à sa situation judiciaire. Le 1er juillet 2025, elle est de nouveau arrêtée en raison de nouvelles publications et déclarations publiques. À l’issue d’un second procès, elle est condamnée à trois ans de prison ferme et à une amende de 20 000 dirhams. Cette succession de procédures et de peines contribue, selon plusieurs observateurs, à alimenter des inquiétudes sur l’usage répété de poursuites pénales dans des affaires liées à l’expression publique.

Des conditions de détention dénoncées par la famille et des organisations

Des organisations de défense des droits humains ainsi que la famille de la militante alertent sur ses conditions de détention au sein de la prison locale de El Jadida 2. Elles évoquent des restrictions concernant les visites, les communications téléphoniques et l’accès à certains effets personnels et livres.

Selon ces sources, ces conditions auraient eu des conséquences sur son état de santé physique et psychologique, allant jusqu’à une grève de la faim pour protester contre son traitement en détention. Ces éléments restent toutefois rapportés par sa famille et des acteurs associatifs, qui demandent des garanties sur le respect des droits des personnes détenues.

Saisine des Nations unies et allégations de représailles

La Fondation Al Karama a saisi le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (WGAD), en affirmant que Saïda El Alami aurait subi des représailles en détention le 25 décembre 2025, après des échanges liés à ses contacts avec des mécanismes onusiens.

Selon cette communication, elle aurait été victime de violences physiques, d’humiliations et de dégradations de ses effets personnels. Ces faits sont présentés comme des allégations par l’organisation saisissante et n’ont pas été établis judiciairement dans les informations disponibles.

Un avis onusien qualifiant la détention d’arbitraire

Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (WGAD) a estimé que la détention de Saïda El Alami relevait d’un cas de détention arbitraire, en contradiction avec les obligations internationales en matière de droits humains.

L’instance onusienne considère que cette situation porte atteinte à plusieurs droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté, le droit à la sécurité personnelle, le droit à un procès équitable et la liberté d’expression.

Appels à la libération et à un examen indépendant des conditions de détention

Sur la base de cet avis, le Groupe de travail appelle les autorités marocaines à libérer immédiatement la militante et à lui accorder une réparation, incluant une indemnisation appropriée. Il recommande également l’ouverture d’une enquête indépendante sur ses conditions de détention et sur les allégations de mauvais traitements, ainsi que la transmission d’un rapport sur les mesures prises pour mettre en œuvre ces recommandations.

Dans ce contexte, plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à un réexamen plus large des pratiques liées aux poursuites pour expression en ligne, estimant que ces situations posent des questions sur la conformité de ces procédures avec les engagements internationaux en matière de libertés fondamentales.

Source : صدى الحقيقة.

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