La situation du prisonnier politique sahraoui Mohamed Bachir Boutenkiza, détenu à la prison centrale de Kénitra, au Maroc, suscite une vive inquiétude parmi les organisations de défense des droits humains. En effet, son état de santé se dégrade rapidement en raison d’hémorragies sévères et persistantes, tandis que l’administration pénitentiaire aurait refusé son transfert vers un établissement hospitalier malgré les recommandations du médecin de la prison.
D’après les informations communiquées par sa famille et relayées, le détenu aurait été admis à l’infirmerie de la prison après une importante perte de sang. Le médecin de garde aurait jugé son état suffisamment grave pour recommander une évacuation urgente vers un hôpital extérieur afin de réaliser des examens spécialisés et d’assurer une prise en charge adaptée. Selon la même source, le directeur de la prison aurait refusé ce transfert, une décision dénoncée comme une atteinte au droit fondamental à la santé.
Toujours selon ses proches, Mohamed Bachir Boutenkiza est aujourd’hui alité, très affaibli et incapable de se déplacer sans assistance. Ils évoquent une dégradation continue de ses fonctions vitales, aggravée par l’absence de soins spécialisés.
Âgé de 50 ans, Mohamed Bachir Boutenkiza est originaire d’El Aïoun, au Sahara occidental. Il a été arrêté en novembre 2010 à la suite du démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik, où des milliers de Sahraouis réclamaient davantage de droits économiques, sociaux et politiques. Jugé une première fois devant un tribunal militaire, puis rejugé devant une juridiction civile, il purge aujourd’hui une peine de réclusion criminelle à perpétuité dans une prison marocaine.
Ses avocats et plusieurs organisations de défense des droits humains affirment qu’il a subi de graves actes de torture durant sa garde à vue, notamment des violences physiques, des sévices sexuels, des électrocutions et des menaces visant sa famille. Les autorités marocaines contestent régulièrement ces accusations, tandis que les demandes d’expertise médicale formulées par la défense auraient été rejetées à plusieurs reprises au cours de la procédure judiciaire.
Depuis son incarcération, Mohamed Bachir Boutenkiza a été transféré dans plusieurs établissements pénitentiaires au Maroc avant d’être détenu à Kénitra. Pour protester contre ses conditions de détention et réclamer le respect de ses droits fondamentaux, il a observé plusieurs grèves de la faim, selon les associations sahraouies.
Le refus de transférer Mohamed Bachir Boutenkiza vers un établissement hospitalier pourrait avoir des conséquences irréversibles. Il est urgent d’intervenir afin d’obtenir sa prise en charge médicale et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de cette affaire.
Riposte Internationale rappelle que l’accès effectif aux soins, l’interdiction absolue de la torture et le respect de la dignité des détenus constituent des obligations qui s’imposent à tous les États.
Source : Horizons.dz