Maroc : le journaliste Ali Lmrabet interpellé à Tanger

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Le journaliste  Marocain Ali Lmrabet a été interpellé dimanche 12 juillet 2026 à son arrivée à l’aéroport de Tanger, en provenance d’Espagne. Figure historique de la presse indépendante marocaine, il est accusé de « diffusion de fausses informations » et d’atteinte présumée aux institutions constitutionnelles, selon plusieurs sources citées par son épouse et par l’organisation Reporters sans frontières (RSF).

Installé à Barcelone depuis plusieurs années, Ali Lmrabet, âgé de 66 ans, ne s’était plus rendu au Maroc depuis plusieurs années, notamment après le décès de son père qui y résidait. À son arrivée sur le territoire marocain, il aurait été arrêté puis transféré vers Casablanca afin d’être entendu par la Brigade nationale de la police judiciaire avant une présentation devant le procureur prévue le 13 juillet.

Selon son épouse, Laura Feliu, le journaliste l’aurait contactée après son interpellation pour lui expliquer qu’il faisait l’objet de plusieurs avis de recherche liés à des accusations de « diffusion de fausses informations » et d’atteinte aux institutions. Le parquet marocain n’avait pas encore communiqué officiellement sur cette affaire au moment de l’annonce de son arrestation.

Cette nouvelle procédure intervient trois ans après que le journaliste a bénéficié d’une grâce royale. Connu pour ses positions critiques envers les autorités marocaines, Ali Lmrabet est depuis plusieurs décennies une figure emblématique du journalisme indépendant au Maroc.

Son parcours est marqué par plusieurs confrontations avec les autorités. Il avait notamment dirigé les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane, deux publications interdites en 2003 après un procès notamment lié à des accusations « d’outrage au roi ». Condamné alors à trois ans de prison, il avait été libéré début 2004 à la faveur d’une grâce royale.

Entre 2005 et 2015, Ali Lmrabet avait également été interdit d’exercer le journalisme au Maroc à la suite d’une condamnation pour diffamation concernant des déclarations liées aux Sahraouis des camps de Tindouf, une question particulièrement sensible dans le contexte du conflit autour du Sahara occidental.

L’organisation Reporters sans frontières a confirmé son interpellation et exprimé son inquiétude concernant les poursuites engagées contre lui. Selon RSF, le journaliste est accusé d’avoir diffusé des informations considérées comme fausses et portant atteinte aux institutions constitutionnelles.

L’affaire intervient dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les pressions judiciaires exercées contre des journalistes critiques au Maroc. Pour ses soutiens, cette arrestation constitue une nouvelle atteinte à la liberté de la presse et rappelle les difficultés rencontrées par certains journalistes indépendants lorsqu’ils enquêtent ou publient des contenus critiques envers les autorités.

La militante des droits humains Khadija Ryadi a exprimé sa solidarité avec le journaliste, rappelant que « le journalisme n’est pas un crime ». Pour ses défenseurs, le dossier Ali Lmrabet dépasse désormais son cas personnel et pose une nouvelle fois la question de la place accordée aux voix critiques dans l’espace médiatique marocain.

Alors que son audition par les autorités judiciaires est attendue, les organisations de défense de la liberté de la presse suivent avec attention l’évolution de cette affaire, qui pourrait raviver les inquiétudes autour de la situation des journalistes indépendants au Maroc.

Sources : Le Monde, Reporters sans frontières.

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