(Traduction réalisée par une intelligence artificielle)
Comme promis, je vous partage ce court texte de Laalami. Je l’ai écrit avec soin, car j’y ai ressenti un message sincère qui, au-delà des mots, nous invite à garder espoir et à croire en des jours meilleurs.
Maître, Benlahrech Zakaria.
« Comment suis-je devenu ce que je suis »
Qui suis-je ? Bon ou mauvais ? Comment suis-je devenu ce que je suis ?
J’ai ouvert les yeux sur des scènes de destruction et le bruit des explosions. Je n’ai pas profité des dessins animés comme les autres enfants, mais je regardais le journal télévisé avec les adultes.
Des yeux en larmes, des ventres affamés, des pieds nus, des vêtements usés. Les premières années de la vie furent une décennie sanglante. Puis nous sommes entrés à l’école. Lors de la levée des couleurs, j’ai entendu l’hymne du Serment : l’occupant a été vaincu et nous avons juré de vivre sans douleur, par l’âme et par le sang, nous libérerons la patrie.
Je vivais ma joie et mon bonheur. J’étais un élève actif, studieux et participatif, levant toujours la main.
« Maîtresse, maîtresse, où est le transport scolaire et le gaz pour le chauffage ? N’est-ce pas vous qui disiez que le transport viendrait me chercher chez moi, et que la nourriture et la chaleur seraient assurées par mon État ? Pardonnez-moi, madame, si mon cartable est trop lourd. »
Mes enseignants s’intéressaient à mes études. Ils voyaient mon avenir et rassuraient ma mère :
« Ton fils est intelligent et perspicace, mais turbulent. Quand on le frappe, il crie de colère. Il pose des questions pendant le cours, avant même la fin du texte : qui est responsable, qui a allumé le feu, qui a volé, qui a pillé, qui dit vrai, qui ment. Il interroge par instinct les héros de la Révolution et les traîtres, à seulement 11 ans. Attention, son cas n’est pas simple. »
Je suis passé du primaire au collège avec une mention. Pendant les vacances d’été, je fréquentais l’école coranique. Ma famille tenait à l’apprentissage du Coran et des préceptes religieux. J’y ai appris que se taire face à l’injustice est une forme de mal, que lutter contre l’injustice est un devoir par la main, la langue ou le cœur — et que le plus noble des combats est une parole de vérité face à un pouvoir injuste. Je ne savais pas alors que ce savoir aurait un prix, ni que les jours me réserveraient de lourdes épreuves.
J’ai appris des leçons innombrables, les plus dures étant les plus cruelles. La première fut lorsque j’ai vu un homme forcer la serrure d’une pharmacie. Il n’était pas masqué, son visage était visible. Le lendemain, j’ai appris que deux innocents avaient été arrêtés à sa place. Je suis allé témoigner, mais on m’a répondu sèchement que le dossier était déjà transmis à la justice.
Je suis allé voir le procureur, puis l’imam. Le procureur m’a dit : « Le système fonctionne ainsi. »
L’imam, lui, m’a expliqué que dénoncer le mal pouvait lui coûter son salaire. Je me suis alors demandé : faut-il obéir à l’État ou à Dieu ?
Le jour du procès, j’ai voulu témoigner. Le juge m’a interrompu violemment. Quand il m’a demandé si j’étais prêt à prendre leur place en prison, j’ai répondu calmement : oui.
Le verdict est tombé : acquittement des accusés et arrestation de Chamseddine Laalami.
J’avais 20 ans. Un enfant qui voulait changer les choses. Je suis entré en prison comme on entre au bloc opératoire sans anesthésie. J’ai quitté le blanc pour le jaune. J’ai grandi, mais l’enfant en moi n’a jamais grandi.
Mon père s’est mis en colère, ma mère est tombée malade. La société ne pardonne pas.
En prison, je me suis souvenu de l’hymne national, des promesses creuses, des jours sans chaussures ni nourriture. On ne peut parler de souffrance quand on est loin de la vie des pauvres.
J’ai tenu bon jusqu’à ma sortie. J’ai appris le métier de tailleur. J’ai vécu dans des quartiers populaires rongés par les fléaux sociaux, dans un pays riche mais injuste.
Les valeurs se sont inversées : la corruption est devenue « café », la violence « force », la diffamation « liberté ». Quand on ne peut pas tuer quelqu’un, on assassine sa réputation.
J’ai voulu changer les choses. J’ai commencé par écrire des poèmes sur les murs, dénonçant l’injustice et le favoritisme. J’ai été à nouveau emprisonné, condamné à des peines lourdes.
Puis est venu le Hirak, cette révolution pacifique qui a parcouru tout le pays et impressionné le monde.
Malgré la répression, la diffamation et les accusations, nous sommes restés fidèles à nos principes. Peut-être ne sommes-nous pas aptes à bâtir un État puissant, mais nous sommes capables de faire tomber les murs de l’injustice.
Je ne vous raconte pas une fiction. C’est une histoire vraie, consignée dans les dossiers judiciaires.
J’écris ces lignes derrière les barreaux, accusé de trafic de drogue, d’apologie du terrorisme, d’offense au président, avec de nombreux dossiers encore ouverts.
Mention : Traduction réalisée par une intelligence artificielle