Le procès d’Omar Tarmelit, écrivain, militant des droits humains et figure de la gauche démocratique, s’ouvrait le 8 juin devant le tribunal criminel d’appel d’Alger. Pour ses soutiens, cette affaire dépasse le cas individuel d’un homme : elle illustre une inquiétante dérive dans le traitement de l’expression politique et des voix critiques en Algérie.
Le 27 janvier 2026, le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda l’avait condamné à quatre ans de prison ferme et au paiement de 500 000 dinars de dommages et intérêts au profit de l’Agent judiciaire du Trésor. Le parquet avait pourtant requis dix ans de réclusion criminelle, tandis que la partie civile réclamait trois millions de dinars.
Ses défenseurs contestent fermement cette condamnation, qu’ils considèrent comme politique. Les poursuites fondées sur les articles 87 bis 03, 87 bis 06 et 87 bis 12 du code pénal reposeraient sur des accusations dépourvues d’éléments probants. Ils affirment qu’Omar Tarmelit n’a jamais entretenu de liens avec les organisations MAK ou Rachad et rappellent que son engagement s’est toujours inscrit dans une démarche publique, pacifique et tournée vers la défense des droits humains, des libertés démocratiques et de la justice sociale.
Au-delà de son cas personnel, cette procédure est présentée par ses soutiens comme le reflet d’une pratique de plus en plus préoccupante : le recours à la qualification de « terrorisme » pour poursuivre des militants, des journalistes, des écrivains ou des opposants politiques. Une telle utilisation de la législation antiterroriste, estiment-ils, contribue à restreindre l’espace du débat public et à intimider toute expression indépendante.
L’enjeu de ce procès est donc aussi celui de la liberté d’expression et du pluralisme politique. Pour les personnes mobilisées en faveur d’Omar Tarmelit, condamner un homme en raison de ses idées ne fera pas disparaître les aspirations à la liberté qui traversent la société.
À l’occasion de cette audience, elles demandent sa libération immédiate, l’annulation du jugement prononcé en première instance, la fin de l’utilisation des lois antiterroristes contre les opposants et militants, ainsi que la libération de l’ensemble des détenus d’opinion en Algérie.
La solidarité est aujourd’hui une exigence démocratique : défendre les libertés fondamentales, c’est refuser que la justice devienne un instrument de dissuasion contre l’engagement citoyen.
Source : Tahar Si Serir