La lourde condamnation de Saïd Bissaha ravive les inquiétudes sur le sort des militants politiques

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L’émotion était palpable à la sortie du tribunal criminel d’appel de la cour de Tizi Ouzou. Famille, proches, avocats et militants des droits humains ont quitté l’audience le cœur lourd après la confirmation de la condamnation de Saïd Bissaha, 74 ans, figure militante originaire de Bouzeguène, à dix années de prison ferme. Une peine qui, au regard de son âge, résonne comme une condamnation à vie.

Face aux magistrats, l’ancien militant du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a résumé, en une phrase, le sentiment d’injustice qui traverse ses soutiens : « À mon âge, cette peine n’est pas limitée, c’est une perpétuité déguisée. »

Cette déclaration est rapidement devenue le symbole d’un procès qui dépasse le seul cas de Saïd Bissaha. Pour ses avocats, Me Hakim Saheb et Me Alili Yamina, cette décision judiciaire touche un homme dont le parcours est intimement lié à l’histoire politique contemporaine de l’Algérie.

Durant les années de la « Décennie noire », alors que les violences terroristes plongeaient le pays dans la peur et que beaucoup choisissaient le silence pour survivre, Saïd Bissaha avait poursuivi son engagement politique. Défenseur des valeurs démocratiques, des libertés individuelles et des droits humains, il s’était opposé sans relâche à l’islamisme armé et à toutes les formes d’obscurantisme. Ses proches rappellent qu’il n’a jamais cessé de défendre ses convictions malgré les risques encourus.

Au-delà du verdict, c’est le destin d’une génération de militants qui interroge. Celle qui s’est mobilisée contre le terrorisme, a défendu le pluralisme politique et porté les idéaux démocratiques au plus fort des crises nationales voit aujourd’hui certains de ses représentants poursuivis ou emprisonnés.

À Tizi Ouzou, l’émotion suscitée par cette affaire rappelle que les combats pour les libertés demeurent profondément ancrés dans la société algérienne. Pour les proches de Saïd Bissaha, son engagement ne s’effacera pas avec une décision de justice. Ils affirment poursuivre leur mobilisation pour obtenir sa libération, estimant que la place d’un homme de 74 ans, dont toute une vie a été consacrée au militantisme pacifique, n’est pas en prison mais auprès des siens.

Riposte internationale transmet tout son soutien à Saïd Bissaha et ses proches.

Source : Maître Hakim Saheb et maître Alili Yamina

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