Le journaliste et défenseur des droits humains Hassan Bouras a adressé un message à l’opinion publique depuis la maison d’arrêt d’El Abiodh Sid Cheikh, où il est détenu depuis avril 2026. Cette déclaration, rapportée par sa sœur Zohra après une visite en détention, intervient dans un contexte marqué par les inquiétudes concernant son état de santé, les conditions de sa détention et le suivi de son dossier judiciaire.
Dans ce message, Hassan Bouras revient notamment sur les informations publiées récemment au sujet de son affaire et exprime ses préoccupations concernant sa situation personnelle et sa défense. Il appelle au respect de la vérité et au respect des principes liés au droit à une défense effective.
Cette prise de parole intervient alors que son dossier continue de faire l’objet d’une attention particulière de la part d’organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse. Arrêté en avril 2026, Hassan Bouras est poursuivi dans une affaire comprenant plusieurs chefs d’accusation. Des experts des Nations unies avaient auparavant appelé les autorités algériennes à garantir ses droits fondamentaux et à le libérer, estimant que sa détention semblait liée à l’exercice de ses activités journalistiques et militantes.
Le journaliste, connu pour ses enquêtes sur la corruption et son travail de documentation des violations des droits humains, avait également observé une grève de la faim de 26 jours en mai dernier pour protester contre ce qu’il qualifiait de détention arbitraire.
Voici le message transmis par Hassan Bouras et rapporté par sa sœur Zohra :
« Lorsque je serai en liberté, mon moral sera élevé et mon état de santé sera meilleur. Aujourd’hui, en revanche, je me sens accablé par la maladie et profondément déçu.
Monsieur l’Avocat, pourquoi ajoutez-vous une accusation supplémentaire à mon dossier ? Ne suffit-il pas de tout ce que j’endure depuis plus de vingt-cinq ans ? Pourquoi déformer la vérité au lieu de la défendre ?
Ma famille m’a rendu visite aujourd’hui. Elle m’a trouvé dans le même état que lors de sa précédente visite : mon genou reste très douloureux, ma tension artérielle ne se stabilise toujours pas et mon état de santé se dégrade.
Le plus incompréhensible est que, jusqu’à présent, je ne connais toujours pas précisément les accusations retenues contre moi, car vous ne m’avez même pas expliqué les éléments de mon propre dossier.
J’ai été surpris par votre visite du 13 juillet, alors que ma famille vous demandait de venir me voir depuis le jour de mon arrestation. Vous connaissiez pourtant mon état de santé, mais vous trouviez chaque fois un prétexte pour reporter cette visite.
Pourtant, au lieu d’accomplir votre devoir professionnel, de m’informer et de me rassurer sur mon dossier, vous avez tenu des propos que je considère inexacts et qui, à mes yeux, déforment la vérité.
Est-ce ainsi que l’on conçoit l’éthique de la profession d’avocat ? Est-ce ainsi que l’on garantit le droit à une défense effective ?
Votre attitude me donne le sentiment que vous agissez comme si une condamnation à perpétuité ne vous préoccupait pas, au lieu de défendre mes droits et de rechercher la vérité. J’attendais de mon avocat qu’il m’apporte soutien et protection, non qu’il ajoute à mes inquiétudes et à mes souffrances.
Aujourd’hui, j’ai perdu confiance. Je ne crois plus en votre volonté de défendre mes droits avec la loyauté, la rigueur et l’intégrité qu’exige votre mission. Dans cette épreuve, je n’attends qu’une chose : que la vérité soit respectée et que ma défense soit assurée avec conscience, indépendance et honnêteté.
Hassan Bouras
23 juillet 2026
Maison d arrêt el abiodh sid cheikh »
Source : Zohra.