Djelfa : Hafnaoui Ghoul convoqué par la police judiciaire

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Hafnaoui Benamer Ghoul affirme avoir reçu, le 11 août 2026, une convocation de la police judiciaire à la suite de plaintes déposées contre lui. Dans un message au ton ferme, le militant et correspondant de presse dénonce ce qu’il présente comme une inversion des rôles : au lieu, selon lui, d’enquêter sur les faits de corruption et de mauvaise gestion des fonds publics qu’il affirme avoir signalés, les autorités auraient engagé des procédures à son encontre.

Ghoul évoque notamment le gaspillage de l’argent public dans certains programmes et projets, ainsi que des marchés qu’il qualifie de douteux. Il affirme qu’aucune enquête n’aurait été ouverte à la suite de ses dénonciations.

Des accusations contre les institutions locales

Le militant met en cause le fonctionnement de certaines institutions de la wilaya de Djelfa, évoquant des soupçons d’abus de fonction, de corruption, d’enrichissement et de trafic d’influence.

Il affirme également subir des pressions et une surveillance de ses communications, de son domicile et de ses déplacements.

Ces déclarations restent, à ce stade, les accusations de leur auteur et ne permettent pas à elles seules d’établir la réalité des faits dénoncés. De même, une convocation policière ne préjuge pas de la culpabilité de la personne concernée.

Ghoul affirme néanmoins vouloir poursuivre son combat contre la corruption et appelle à la protection des citoyens et des lanceurs d’alerte.

Un précédent judiciaire marquant

Cette nouvelle convocation intervient alors que Hafnaoui Ghoul avait déjà fait l’objet de nombreuses procédures judiciaires en 2004.

Dans un document daté du 1er décembre 2004, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT, rapportait sa libération provisoire le 25 novembre 2004, après plusieurs mois de détention.

À l’époque, Ghoul était présenté comme responsable de la LADDH à Djelfa et correspondant de presse. L’Observatoire faisait état de plusieurs condamnations liées notamment à des affaires de diffamation, à ses écrits sur la gestion des fonds publics et à ses prises de position sur les droits de l’Homme.

Parmi les affaires citées figurait notamment une procédure faisant suite à une interview publiée dans Le Soir d’Algérie, dans laquelle Ghoul avait évoqué la mort de 16 nouveau-nés à l’hôpital public de Djelfa ainsi que la situation des journalistes et des droits de l’Homme dans la région.

Une autre affaire concernait un article publié dans Djazaïr News critiquant la gestion des fonds publics par le wali de Djelfa. Le dossier de l’Observatoire faisait alors état de 14 plaintes déposées par le wali et plusieurs responsables de son entourage administratif.

Une nouvelle affaire à suivre

Vingt-deux ans plus tard, cette nouvelle convocation replace Hafnaoui Ghoul au centre d’un débat qu’il affirme poursuivre depuis des années : celui de la dénonciation de la corruption, de la liberté d’expression et de la protection des lanceurs d’alerte.

La nature exacte des plaintes à l’origine de la convocation du 11 août 2026, ainsi que les faits reprochés, devront être précisés par les autorités judiciaires.

De son côté, Hafnaoui Ghoul maintient ses accusations et affirme qu’il continuera à dénoncer ce qu’il considère comme des faits de corruption, en appelant au respect de l’État de droit.

Source : Hafnaoui Benamer Ghoul, OMCT.

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