L’arrestation récente du journaliste et défenseur des droits humains Hassan Bouras suscite de vives préoccupations, notamment au sein des Nations unies. La rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, s’est dite alarmée par cette détention. Cette situation revêt un caractère d’autant plus urgent qu’elle intervient dans un contexte déjà dénoncé au niveau international, et place une nouvelle fois l’Algérie face à de graves accusations d’atteintes aux droits fondamentaux.
« J’apprends avec inquiétude que le journaliste et défenseur des droits humains algérien Hassan Bouras aurait à nouveau été arrêté sur la base de quatre chefs d’accusation inconnus et serait actuellement détenu dans de piètres conditions. […] Il lutte contre la corruption et les violations des droits humains et ne devrait pas être poursuivi pour son travail », a-t-elle déclaré sur son compte X.
Figure bien connue du militantisme en Algérie, Hassan Bouras est engagé depuis plus de vingt-cinq ans dans la défense des droits humains. Membre actif de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, il s’est notamment illustré par ses enquêtes sur la corruption et les abus de pouvoir.
Depuis 2015, il a connu plusieurs périodes d’incarcération. Ses proches évoquent un « acharnement judiciaire » caractérisé par des convocations répétées, des perquisitions, des saisies de matériel et plusieurs condamnations. Ils décrivent aujourd’hui un homme affaibli par des années de pression et de détention, souffrant notamment de problèmes de santé liés à ses conditions d’incarcération.
Pour rappel, Hassan Bouras a été interpellé dimanche 12 avril 2026 en début de soirée devant son domicile à El-Bayedh. Peu après son arrestation, une perquisition a été menée au domicile familial et du matériel informatique a été saisi. Le lundi soir, il a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal d’El-Bayedh, selon son avocat Noureddine Ahmine.
Selon les informations disponibles, il est poursuivi pour quatre chefs d’inculpation deux de nature pénale et deux correctionnelle dont les contours restent inconnus à ce stade. Alors que la procédure judiciaire suit son cours, de nombreuses incertitudes persistent quant aux accusations retenues contre Hassan Bouras ainsi qu’aux conditions de sa détention.