Depuis la prison de Koléa, le journaliste Abdelali Mezghiche donne de ses nouvelles après cinq mois de détention

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Dans une lettre adressée à son ami Ahmed Bouchikhi, l’enseignant, journaliste de la télévision algérienne et poète Abdelali Mezghiche revient sur ses cinq mois passés à la prison de Koléa. Il affirme garder un moral élevé, poursuivre son travail d’écriture et remercie celles et ceux qui lui témoignent leur solidarité. Son incarcération intervient dans un contexte marqué par des appels d’organisations de défense de la liberté de la presse demandant sa remise en liberté.

Dans un courrier transmis à ses amis et daté du 21 juillet 2026, Abdelali Mezghiche donne de ses nouvelles depuis la prison de Koléa, où il indique être détenu depuis plusieurs mois. « Je vais bien. Je traverse ces jours avec patience, détermination et foi dans le décret et la volonté de Dieu Tout-Puissant », écrit-il dans cette lettre adressée à Ahmed Bouchikhi. Le journaliste rappelle que cinq mois se sont écoulés depuis son arrestation le 5 février 2026, puis son incarcération le 9 février 2026, une période qu’il décrit comme une succession de journées marquées par la routine carcérale, mais aussi par un temps consacré à la réflexion, à la spiritualité et à l’écriture.

Selon des informations publiées au moment de son arrestation, Abdelali Mezghiche a été placé sous mandat de dépôt le 9 février 2026 à la suite de publications diffusées sur les réseaux sociaux. Très présent notamment sur Facebook, le journaliste avait relayé la colère de certains habitants de la ville de Djanet concernant l’emprisonnement de plusieurs figures locales. D’après des sources citées à l’époque, cette publication aurait été à l’origine de son interpellation. Les chefs d’accusation évoqués faisaient état notamment de « publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national » ainsi que de « diffusion de discours de haine et de racisme ». Aucune communication officielle détaillant précisément les faits reprochés n’avait toutefois été rendue publique au moment de ces annonces.

Le maintien en détention provisoire du journaliste a suscité des réactions de la part d’organisations de défense des droits humains. Le Comité pour la Justice (CFJ) a notamment dénoncé le rejet, le 22 février 2026, de la demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense d’Abdelali Mezghiche. L’organisation estime que le maintien en détention transforme la détention provisoire en une forme de sanction anticipée contre un professionnel des médias et appelle les autorités judiciaires algériennes à respecter la présomption d’innocence et à libérer le journaliste, considérant que les poursuites engagées sont liées à son activité médiatique.

Dans sa lettre, Abdelali Mezghiche revient également sur cette nouvelle étape de sa vie, loin de son rythme habituel d’enseignant, de journaliste et d’acteur culturel. « Tu me connais depuis des années. Je n’ai jamais vraiment goûté au repos. J’ai toujours été habitué à l’activité, au mouvement, à l’écriture, à la création d’événements culturels notamment », écrit-il. Il explique que la détention l’a conduit à consacrer davantage de temps à la lecture du Saint Coran, aux invocations, à la prière, mais aussi à l’écriture de poèmes et de réflexions personnelles. Il considère cette expérience comme une « pause de combattant » imposée par les circonstances et estime qu’elle pourrait, avec le temps, devenir la matière d’un futur projet littéraire sous la forme d’un roman, de mémoires ou d’un journal.

Le journaliste demande par ailleurs à son ami de rassurer ses proches et ses soutiens sur son état d’esprit. Il affirme que son moral est élevé et que ses forces restent intactes, tout en adressant ses remerciements à toutes les personnes qui lui ont exprimé leur solidarité. « Ces positions de solidarité à mon égard constituent une dette morale que je m’engage à honorer lorsque je sortirai de prison, si Dieu le veut », écrit-il.

Dans son courrier, Abdelali Mezghiche demande également des nouvelles de ses amis, des activités de « La Parole » ainsi que de plusieurs personnalités du monde culturel et intellectuel algérien. Il transmet notamment ses salutations à la grande écrivaine Zohour Ounissi et au professeur Abdallah Hammadi, dont il dit regretter les rencontres et les échanges enrichissants.

À travers cette lettre, le journaliste livre un témoignage personnel sur ses cinq mois de détention et sur la manière dont il traverse cette période, entre patience, foi et écriture. Son cas continue d’être suivi par des organisations et des militants qui alertent sur la situation de la liberté de la presse en Algérie et demandent que l’exercice du métier de journaliste ne soit pas assimilé à une infraction pénale. En attendant l’évolution de sa situation judiciaire, Abdelali Mezghiche affirme vouloir poursuivre son chemin avec détermination derrière les murs de la prison de Koléa.

Sources : Abdelali Mezghiche, Le Comité pour la Justice.

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