Cri de l’épouse d’un condamné à mort.

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A Monsieur le Ministre de la Justice

Garde des Sceaux

Objet : Appel à l’examen équitable et rigoureux du dossier de M. Ali Bouzar

Monsieur le Ministre,

Je me permets de vous adresser la présente lettre en ma qualité d’épouse de Monsieur Ali Bouzar, actuellement incarcéré et placé dans le couloir des condamnés à mort. Voilà désormais quatre années que notre famille endure une épreuve d’une extrême dureté, conséquence d’une condamnation que nous estimons profondément injuste et déconnectée des faits établis.

Mon mari n’a commis aucun meurtre. Il n’a ni poignardé, ni étranglé, ni frappé avec un objet contondant, ni aspergé d’essence la victime Djamel Bensmail ( paix à son âme). Aucun acte matériel de mise à mort ne peut lui être imputé. Son implication se limite à sa présence sur les lieux, au sein d’une foule, dans un contexte de chaos, de tension extrême et de douleur collective, alors que de nombreuses personnes venaient tout juste d’enterrer des proches victimes des incendies meurtriers.

La gravité des faits reprochés impose, plus que jamais, une analyse rigoureuse, individualisée et strictement fondée sur les preuves. Or, condamner un homme à la peine capitale sans qu’il soit l’auteur direct ni indirect d’un acte homicide constitue, à nos yeux, une atteinte majeure aux principes fondamentaux de justice, de proportionnalité et de responsabilité pénale personnelle.

Au-delà de l’homme détenu, ce sont des enfants qui paient chaque jour le prix de cette situation. Ils grandissent privés de leur père, incapables de comprendre comment un homme reconnu pour sa douceur, sa bienveillance et son intégrité puisse être ainsi frappé de la sanction la plus irréversible qui soit. Les conséquences psychologiques, sociales et matérielles de cette incarcération sont dévastatrices.

Monsieur le Ministre, ma démarche n’est animée ni par la colère ni par la défiance envers l’institution judiciaire. Elle est guidée par l’espoir que la justice, dans ce qu’elle a de plus noble, puisse prévaloir. Je sollicite respectueusement un réexamen attentif, objectif et équitable du dossier de Monsieur Ali Bouzar, à la lumière des faits établis et des responsabilités réellement démontrées.

La justice ne peut se satisfaire d’approximations lorsque la vie d’un homme est en jeu. Elle se doit d’être ferme, certes, mais avant tout juste.

Dans l’attente d’une attention bienveillante portée à cet appel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

L’épouse de Monsieur Ali Bouzar

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