Confirmation de l’ordonnance de placement en détention provisoire de Bakir Torki Mohamed par la Cour d’Alger

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La chambre d’accusation près la cour d’Alger a confirmé le maintien en détention provisoire de Bakir Torki Mohamed, plus connu sous le prénom de Sofiane, figure populaire du Hirak devenue le visage du slogan « Yetnahaw Ga3 » (« Qu’ils partent tous »). L’instance a validé l’ordonnance de placement en détention prise début août par le juge d’instruction, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte après un direct diffusé sur TikTok.

Le nom de Bakir Torki reste indissociable du mouvement populaire algérien de 2019. Le 11 mars de cette année-là, lors d’un direct de Sky News Arabia à Alger, il avait spontanément lancé « Yetnahaw Ga3 ! », quelques instants après l’annonce par Abdelaziz Bouteflika de son renoncement à un cinquième mandat présidentiel. La formule, immédiatement virale, s’était imposée comme l’un des slogans les plus repris du Hirak, cristallisant le rejet du système politique et des responsables liés à l’ancien régime, avant de se diffuser massivement sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Yetnahaw_Ga3. Agent de sécurité à la Direction des domaines de la wilaya d’Alger, il avait ensuite mené une vie plus discrète, sans jamais se détacher totalement de son image de porte-voix du mouvement.

L’affaire judiciaire actuelle trouve son origine dans un direct diffusé sur TikTok le 5 juin 2026, dont le contenu précis n’a pas été rendu public par les autorités. C’est sur cette base qu’une information judiciaire a été ouverte à son encontre. Bakir Torki avait été interpellé le 9 août, sur son lieu de travail selon certaines sources, dans son quartier du centre d’Alger selon d’autres. Placé en garde à vue au commissariat de Caïdeville, il avait été présenté trois jours plus tard, le 12 août, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed (Abane Ramdane), qui l’avait déféré devant le juge d’instruction. Ce dernier avait alors ordonné son placement en détention provisoire et son incarcération à l’établissement pénitentiaire de Koléa.

Selon Me Fetta Sadat, avocate membre du collectif de défense des détenus d’opinion, le dossier retient plusieurs chefs d’inculpation. Deux d’entre eux relèvent du champ criminel, sur le fondement de l’article 87 bis du code pénal : apologie du terrorisme, et utilisation des technologies de l’information pour soutenir une organisation qualifiée de terroriste. S’y ajoutent trois chefs de nature correctionnelle : diffusion de fausses informations susceptibles de nuire à l’ordre public, atteinte à l’intérêt national, outrage à corps constitué, ainsi qu’une accusation d’incitation au boycott électoral au regard de la législation en vigueur. Ces qualifications, retenues au stade de l’instruction, ne préjugent pas de la culpabilité du prévenu, présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation définitive. La défense conserve la possibilité d’exercer les voies de recours prévues par la loi.

C’est cette ordonnance du 12 août que la chambre d’accusation près la cour d’Alger vient de confirmer, rejetant ainsi le recours formé par la défense et prolongeant le maintien en détention provisoire de Bakir Torki pendant la poursuite de l’instruction. Les prochaines étapes de la procédure devraient permettre de préciser la teneur exacte des propos tenus lors du direct incriminé et d’éclaircir les qualifications juridiques finalement retenues. Par le profil de « Sofiane » et son statut de symbole du Hirak depuis 2019, cette mise en détention continue de susciter des interrogations et relance l’attention portée par les défenseurs des libertés publiques en Algérie sur le traitement judiciaire réservé aux figures et anciens militants du mouvement populaire.

Source : Maître Fetta Sadat, Riposte internationale.

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