RIPOSTE INTERNATIONALE DÉNONCE UNE CONDAMNATION ARBITRAIRE ET UNE GRAVE ATTEINTE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
Riposte Internationale exprime sa plus vive indignation et condamne avec la plus grande fermeté la condamnation de Djelloul Salama, expert économique et prisonnier d’opinion, à quatre années de prison ferme assorties d’une amende, prononcée par le tribunal de Dar El Beïda, à Alger.
Arrêté le 24 janvier 2026, puis présenté devant le parquet du tribunal de Dar El Beïda le 5 février 2026, Djelloul Salama a été placé en détention provisoire sur décision du juge d’instruction.
Son seul tort : avoir exercé son droit fondamental à la liberté d’expression en formulant une analyse économique critique du projet de Ghar Djebilet, défendu par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune.
Situé dans la région de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, Ghar Djebilet constitue l’un des plus importants gisements de minerai de fer du pays. Son exploitation, présentée par les autorités comme un projet stratégique majeur pour l’économie nationale, mobilise des investissements considérables et soulève des interrogations légitimes concernant sa rentabilité, ses coûts d’exploitation, les infrastructures nécessaires à son développement et ses retombées économiques réelles.
C’est précisément sur ces enjeux que Djelloul Salama a exercé son rôle d’expert, en apportant un regard critique sur les choix économiques des autorités.
Pour avoir exprimé une appréciation relevant de son domaine d’expertise, il a été poursuivi sur le fondement de l’article 196 bis du Code pénal algérien, relatif à la publication et à la diffusion intentionnelle de fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public.
Quatre années de prison ferme pour une analyse économique ! Jusqu’où ira la criminalisation de la pensée critique en Algérie ?
Pour Riposte Internationale, cette condamnation constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales. Elle illustre une dérive autoritaire particulièrement inquiétante, dans laquelle la critique des politiques publiques devient un motif d’emprisonnement.
Depuis quand un économiste doit-il obtenir l’autorisation du pouvoir pour analyser un projet national ? Depuis quand remettre en question les choix économiques d’un gouvernement constitue-t-il une menace pour la sécurité publique ?
Un État qui emprisonne ses experts pour leurs analyses ne protège pas ses institutions : il affaiblit le débat public, intimide les citoyens et compromet les conditions d’une véritable démocratie.
Aucun projet économique, quelle que soit son importance stratégique, ne saurait être placé au-dessus du débat public, de l’évaluation indépendante et de la critique scientifique.
Le développement économique d’un pays exige la confrontation des idées, la transparence des décisions et l’indépendance des analyses. Il ne saurait se construire sur la peur, la censure et la répression.
Répondre à une analyse économique par une condamnation pénale ne constitue pas une réponse scientifique ou politique. C’est une atteinte au droit de penser, de questionner et de débattre librement.
Riposte Internationale rappelle que la liberté d’expression, consacrée notamment par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Algérie est partie, protège également le droit de critiquer les décisions des autorités publiques.
RIPOSTE INTERNATIONALE EXIGE :
La libération immédiate et inconditionnelle de Djelloul Salama, condamné pour avoir exercé pacifiquement sa liberté d’expression.
L’annulation de cette condamnation que nous considérons comme injuste et arbitraire, sanctionnant une analyse économique critique.
La fin de l’instrumentalisation des dispositions pénales relatives aux fausses nouvelles pour réprimer les voix critiques, les intellectuels, les chercheurs, les journalistes et les citoyens.
Le respect effectif des engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains, notamment la liberté d’expression, la liberté d’opinion et le droit à un procès équitable.
La libération de tous les détenus d’opinion et prisonniers politiques incarcérés pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.
Riposte Internationale appelle les organisations internationales de défense des droits humains, les mécanismes compétents des Nations unies ainsi que l’ensemble des consciences démocratiques à se mobiliser face à cette condamnation et à exiger la libération de Djelloul Salama.
Nous refusons qu’un désaccord économique soit transformé en affaire pénale. Nous refusons que l’expertise indépendante soit assimilée à une menace. Nous refusons que la prison devienne la réponse institutionnelle à la liberté de penser.
Au-delà du cas de Djelloul Salama, c’est une question fondamentale qui se pose aujourd’hui : quel avenir pour un pays lorsque ses intellectuels, ses économistes et ses citoyens risquent la prison pour avoir exprimé une opinion différente de celle du pouvoir ?
La liberté d’expression ne doit jamais être considérée comme une faveur accordée par les autorités. Elle constitue un droit fondamental, indispensable à toute société qui aspire à la justice, au progrès et à la démocratie.
À Djelloul Salama, à sa famille et à ses proches, Riposte Internationale exprime sa solidarité pleine, entière et inconditionnelle.
La critique n’est pas un crime. L’expertise indépendante n’est pas une menace. La liberté de penser n’est pas négociable.
LIBERTÉ POUR DJELLOUL SALAMA !
LIBERTÉ POUR TOUS LES DÉTENUS D’OPINION ET PRISONNIERS POLITIQUES !
RIPOSTE INTERNATIONALE
Pour la défense des libertés fondamentales, des droits humains et de la dignité.
Le 16 octobre 2026