COMMUNIQUÉ CONJOINT

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Groupe de solidarité Algérie

Algérie : fermeture arbitraire de SOS Disparus et nouvelles atteintes graves aux droits des familles de disparus

Le Groupe de solidarité Algérie exprime sa plus vive préoccupation et condamne avec la plus grande fermeté la décision des autorités algériennes de procéder à la fermeture et au scellement du siège de l’association « SOS Disparus » à Alger, le lundi 16 mars 2026, en exécution d’une décision administrative datée du 12 mars 2026.

Selon les informations disponibles, cette opération a été menée par un important dispositif sécuritaire, accompagné de représentants des autorités locales, à la suite d’une réunion tenue le 10 mars 2026, mobilisant plusieurs hauts responsables administratifs et sécuritaires. Une telle mesure constitue une restriction grave et arbitraire à la liberté d’association, en violation des engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains.

Depuis plus de vingt ans, SOS Disparus constitue un espace essentiel pour les familles de victimes de disparitions forcées, leur permettant de documenter les violations, de préserver la mémoire collective et de revendiquer leurs droits fondamentaux à la vérité, à la justice et à la réparation. La fermeture de ce lieu emblématique porte atteinte non seulement au travail de mémoire, mais également à la capacité des familles à s’organiser et à exprimer leurs revendications légitimes.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de répression accrue visant les acteurs de la société civile indépendante en Algérie. Elle intervient notamment après le refoulement et l’interdiction arbitraire faite à Mme Nassera Dutour, présidente de l’association, de regagner le territoire national. Une telle mesure constitue une violation flagrante du droit de toute personne à entrer dans son propre pays.

Le Groupe de solidarité Algérie dénonce également les faits survenus le même jour à l’encontre des familles de disparus. Cinq personnes, réunies dans le cadre de leur rassemblement hebdomadaire pacifique, ont été contraintes par la police de monter dans un bus malgré leur refus. Après s’être rendues au siège de l’association, elles ont été sommées de quitter les lieux dans des conditions humiliantes, puis conduites de force au commissariat de Cavaignac.

Au commissariat, elles ont été interrogées avant d’être relâchées. M. Slimane Hamitouche, qui avait été séparé du groupe et emmené vers une destination inconnue, a également été libéré dans l’après-midi. Ces pratiques s’apparentent néanmoins à des formes d’intimidation et de harcèlement visant à réduire au silence les familles de victimes.

Le Groupe de solidarité Algérie considère que ces mesures s’inscrivent dans une stratégie délibérée d’effacement de la mémoire des disparitions forcées et de neutralisation des espaces indépendants de revendication. Elles traduisent une volonté persistante des autorités de faire obstacle à toute démarche de vérité, de justice et de transition démocratique.

En conséquence, le Groupe de solidarité Algérie :

· Condamne fermement la fermeture arbitraire de SOS Disparus ;

· Exige la réouverture immédiate et sans condition de son siège ;

· Demande la cessation de toutes formes de harcèlement à l’encontre des familles de disparus;

· Exige que toute personne détenue ou portée disparue soit immédiatement localisée et protégée;

· Appelle au respect du droit à la liberté d’association, de réunion pacifique et d’expression;

· Exige la levée des mesures arbitraires visant Mme Nassera Dutour et le respect de son droit de rentrer dans son pays ;

· Rappelle l’obligation pour l’État algérien de garantir le droit à la vérité, à la justice et à la réparation pour les victimes de disparitions forcées.

Le Groupe de solidarité Algérie appelle enfin la communauté internationale, les mécanismes des Nations unies et l’ensemble des acteurs concernés à se saisir de cette situation préoccupante et à exercer les pressions nécessaires afin que cessent ces violations graves des droits humains.

Signatures: 

– Riposte internationale

– Le collectif de sauvegarde de la ligue Algérienne pour la défense des droits de l’homme (CS-LADDH)

– Alliance Transméditerranéenne des Femmes Algériennes (ATFA)

– Collectif des familles des disparu.e.s en Algérie (CFDA)

– la Fondation pour la Promotion des Droits (FPRA)

– Libertés Algérie

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