Chérif Mellal : 1 122 jours d’attente, une liberté suspendue.

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Chérif Mellal, ancien président légitime de la JS Kabylie, évacué à la tête du club par un putsch, est détenu depuis plus de trois ans de manière injuste. À la tête du club, emblématique et symbole culturel pour la Kabylie, il a modernisé la structure administrative, développé le sport, formé de jeunes joueurs et défendu l’indépendance du club face aux pressions politiques. Il reste une figure publique importante et un symbole de l’engagement régional. Depuis son éviction, le club a sombré dans une situation lamentable marquée par la perte de sa compétitivité sportive. 

Chérif Mellal a été confronté à plusieurs procédures judiciaires. En 2021, il a été condamné à trois et six mois de prison ferme pour diffamation et litiges avec d’anciens joueurs. En janvier 2023, il est placé en détention provisoire dans une affaire économique liée à des transferts financiers. En octobre 2023, il a été condamné à 18 mois pour “atteinte à l’unité nationale”, annulée en janvier 2024 par la Cour d’Alger. Sa peine la plus lourde, quatre ans de prison ferme pour violation de la législation sur le contrôle des changes et blanchiment d’argent, a été prononcée en octobre 2024 et confirmée en appel en février 2025. Son pourvoi en cassation n’a toujours pas été examiné.

Face à cette situation, Chérif Mellal a mené plusieurs grèves de la faim pour protester contre les injustices et des traitements arbitraires.

Ce silence judiciaire dure maintenant trente-sept mois, soit 1 122 jours. Ce n’est plus un simple retard, mais une violation implicite du principe de célérité judiciaire. Certaines contestations ont été classées sans suite, sans débat ni clarification publique, renforçant le sentiment d’arbitraire et d’instrumentalisation. La détention de Chérif Mellal suspend sa vie personnelle et professionnelle, illustrant combien la liberté peut dépendre de la lenteur de la justice et comment le temps peut devenir un levier de pression politique.

Aujourd’hui, Chérif Mellal reste une figure symbolique pour la Kabylie et pour le football algérien. Son cas interroge la société sur la capacité des institutions à agir avec rigueur et impartialité et éclaire la situation de tous les détenus d’opinion et politiques en Algérie. Il est urgent que la plus haute juridiction se prononce, non pour apaiser une polémique, mais pour rappeler un principe fondamental : dans un État de droit, la liberté ne doit jamais dépendre de l’usure du temps judiciaire.

Liberté pour Chérif Mellal. Liberté pour tous ceux qui subissent un silence trop long.

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