Le Burkina Faso poursuit un resserrement marqué de son espace civique avec la dissolution de 118 organisations non gouvernementales et associations, annoncée le 15 avril 2026 par le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité. Les structures concernées interviennent notamment dans les domaines de la santé, de l’action sociale, de la jeunesse ou encore de la défense des droits humains. Parmi elles, l’Initiative citoyenne pour la démocratie et le développement (ICDD), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat).
Cette décision s’ajoute à une série de mesures restrictives déjà engagées ces derniers mois. En janvier 2026, l’ensemble des partis politiques avait été dissous, après une période de suspension prolongée. Plus tôt encore, un décret avait imposé aux ONG de transférer leurs comptes bancaires vers une institution publique placée sous contrôle de l’État, renforçant ainsi la mainmise administrative et financière sur leurs activités.
Dans ce contexte, et sous couvert de lutte contre l’impérialisme et de discours souverainiste, le pays s’enfonce de plus en plus dans des logiques autoritaires, marquées par un resserrement continu de l’espace civique et des libertés publiques.
La disparition simultanée de 118 ONG constitue ainsi un nouveau recul pour la société civile. De nombreuses structures touchées œuvraient pourtant dans l’assistance aux populations vulnérables, la santé publique ou encore la protection des droits sociaux, et se voient désormais privées de toute possibilité d’action.
Depuis les coups d’État de 2022, les autorités militaires dirigés par Ibrahim Traoré ont progressivement redessiné le paysage politique et associatif du pays. L’enchaînement de ces décisions traduit une réduction continue des libertés fondamentales et un affaiblissement profond de la société civile.