Bilda : Un universitaire face à la justice : Le cas Tahar Ouahachi

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Pour rappel, Tahar Ouahachi est placé sous mandat de dépôt depuis le 15 février 2026, décision prise par le magistrat instructeur en charge du dossier. Il fait face à des accusations particulièrement graves : le crime d’« apologie d’actes terroristes par le biais des technologies de l’information et de la communication » ainsi que le délit de « diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité publique ». Si elles sont retenues, ces charges pourraient entraîner de lourdes conséquences judiciaires.

À Blida, l’affaire de Tahar Ouahachi, enseignant universitaire et chercheur en histoire antique, prend une nouvelle tournure. Hier, le 13 avril 2026, le juge d’instruction près le tribunal d’El Affroun, relevant de la cour de Blida, a procédé à son interrogatoire récapitulatif, étape clé dans une procédure judiciaire qui suscite déjà de nombreuses réactions.

Cette affaire ne peut être isolée de son environnement politique. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large marquée par un recours croissant à l’arsenal juridique pour encadrer, voire restreindre, la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux. Universitaires, militants et observateurs y voient un signal préoccupant : celui d’un espace civique qui se réduit progressivement, au profit d’un contrôle accru des discours et des opinions.

Plusieurs voix dénoncent un risque de dérive dans l’interprétation des infractions liées à l’expression en ligne et appellent à des garanties strictes quant au respect des droits de la défense et des principes d’un procès équitable. Le statut d’universitaire du mis en cause confère à cette affaire une portée particulière, bien au-delà du seul cadre judiciaire.

Face à ces préoccupations, les autorités judiciaires rappellent que la présomption d’innocence demeure un principe fondamental et que seule l’issue de l’instruction permettra de trancher sur les faits reprochés.

Cette affaire pose une question plus large : celle de l’évolution du système politique algérien. Ces pratiques traduisent une dérive inquiétante, où les mécanismes de contrôle judiciaire et sécuritaire prennent le pas sur les garanties fondamentales. L’Algérie s’enfonce dans une logique autoritaire, où la régulation de la parole publique devient un enjeu central du pouvoir.

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