Le tribunal de Béjaïa examine ce mercredi 2 septembre 2026 l’appel interjeté par le détenu d’opinion Omar Aït Larbi, à la suite du jugement rendu en première instance par le tribunal correctionnel d’Amizour, qui l’avait condamné à six mois de prison ferme.
Cette condamnation avait été prononcée le 28 juillet 2026 par le tribunal d’Amizour (wilaya de Béjaïa), assortie d’une amende et, cette fois, d’un mandat de dépôt, en raison de publications diffusées par l’activiste sur les réseaux sociaux. Selon le Comité pour la Justice (CFJ), qui avait dénoncé cette décision, la condamnation d’Omar Aït Larbi pour des écrits publiés en ligne constitue une atteinte à la liberté d’expression et s’inscrit dans un usage répété des poursuites judiciaires pour sanctionner des prises de position exprimées sur les plateformes numériques.
Militant originaire de la région de Béjaïa et figure connue de l’activisme kabyle depuis le Hirak de 2019, Omar Aït Larbi fait l’objet depuis plusieurs années d’un harcèlement judiciaire répété. Il avait déjà été condamné à deux reprises le 30 avril 2024 par le tribunal d’Amizour, dans deux affaires distinctes, à six mois de prison ferme assortis d’amendes de 50 000 et 100 000 dinars, pour possession et diffusion de publications jugées « de nature à nuire à l’intérêt national ». Ces condamnations n’avaient alors pas été accompagnées d’un mandat de dépôt, lui permettant de rester libre. Il avait par ailleurs été arrêté et placé en garde à vue à plusieurs reprises, notamment en février 2024, où il avait été interpellé par la police d’El Kseur avant d’être transféré et maintenu en garde à vue prolongée au commissariat central de Béjaïa.
Cette accumulation de poursuites, régulièrement documentée par des organisations de défense des droits humains et des collectifs de soutien aux détenus d’opinion, avait déjà valu à la région de Béjaïa et à la Kabylie en général d’être décrites comme particulièrement touchées par la répression judiciaire visant les militants et anciens acteurs du Hirak.
L’audience de ce mercredi devant le tribunal de Béjaïa devrait permettre de déterminer si la peine de six mois de prison ferme prononcée en juillet dernier, et le maintien en détention qui l’accompagne, seront confirmés, réduits ou infirmés en appel.
Source : Hassani Toufik.