Les autorités algériennes ont de nouveau empêché le militant des droits humains Slimane Bouhafs de quitter le territoire national, pour la deuxième fois en l’espace d’une semaine. L’incident intervient dans un contexte de préoccupations persistantes concernant la situation des libertés religieuses et des droits fondamentaux dans le pays.
Selon des informations concordantes, la police des frontières a bloqué son départ alors qu’il tentait de voyager vers un pays africain afin de s’éloigner temporairement de la pression et du harcèlement qu’il affirme subir au quotidien de la part des services de sécurité. Une première tentative avait déjà été empêchée vendredi dernier. Pourtant, selon ses déclarations, il lui avait été indiqué au moment de sa libération qu’aucune interdiction de voyager ne pesait sur lui.
Lors de sa nouvelle tentative de départ, les autorités lui auraient finalement signifié qu’il faisait désormais l’objet d’une interdiction définitive de quitter le territoire national, malgré le fait que toutes les peines prononcées à son encontre aient été purgées et soient devenues définitives.
Un parcours marqué par les poursuites et la répression
Slimane Bouhafs est considéré par de nombreux observateurs comme une victime d’abus de la part des autorités en raison notamment de ses convictions religieuses et de ses prises de position publiques. Il a été condamné et emprisonné à deux reprises en Algérie.
Son cas avait déjà suscité une vive inquiétude internationale en août 2021. Alors qu’il bénéficiait du statut de réfugié en Tunisie, il avait été enlevé dans des circonstances controversées avant d’être transféré vers l’Algérie. Plusieurs organisations de défense des droits humains avaient dénoncé ce transfert comme une opération illégale. À son retour en Algérie, Bouhafs a déclaré avoir subi des tortures psychologiques et physiques durant sa détention.
Une affaire qui intervient à l’approche d’une visite du Vatican
Cette nouvelle interdiction de sortie du territoire intervient à un moment politiquement sensible, à environ un mois d’une visite officielle du Vatican en Algérie, prévue à l’invitation des autorités algériennes.
Pour certains observateurs et militants des droits humains, cette situation met en lumière un décalage entre le discours officiel des autorité; l’hypocrisie du régime algérien qui cherchent à projeter à l’international une image de respect des minorités religieuses, et les réalités vécues par certaines personnes sur le terrain.
Le cas de Slimane Bouhafs est ainsi devenu, pour ses soutiens, un symbole des difficultés rencontrées par les militants et par certains membres des minorités religieuses dans le pays.