Algérie : Saïd Salhi poursuivi en Algérie malgré l’exil, le défenseur des droits humains convoqué à un nouveau procès

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Le défenseur algérien des droits humains Saïd Salhi, réfugié en Belgique et ancien vice-président de la LADDH, est convoqué à un nouveau procès en Algérie le 26 octobre 2026. Une procédure qui relance les inquiétudes sur la liberté d’expression et les pressions visant les militants en exil.


Le 8 octobre 2026, un huissier de justice s’est présenté au domicile de ses parents, à Akbou, dans la wilaya de Béjaïa, afin de lui notifier sa convocation. Le motif retenu serait la publication, sur les réseaux sociaux, d’informations « de nature à nuire à l’intérêt national », en application de l’article 96 du Code pénal.
Selon Saïd Salhi, les trois publications incriminées portaient sur la qualification du régime de dictature, l’appel à reprendre pacifiquement le Hirak depuis Kherrata et la demande de libération des détenus d’opinion.


Cette nouvelle procédure intervient après sa condamnation par contumace, en octobre 2024, à deux ans de prison ferme et à une amende de 100 000 DA, pour des accusations similaires.


Des déclarations officielles confrontées à la réalité


Cette affaire fait écho à la réaction de Saïd Salhi au discours du président Abdelmadjid Tebboune à Berlin, dans lequel celui-ci avait affirmé que les opposants étaient les bienvenus en Algérie et que la liberté d’expression était garantie, à condition qu’elle soit « conforme aux traditions du pays ».
Saïd Salhi interroge cette condition et le décalage entre les déclarations officielles et la situation des opposants, des journalistes et des défenseurs des droits humains. Comment exercer librement son droit à la critique lorsque des publications dénonçant le pouvoir ou réclamant la libération de détenus peuvent conduire à de nouvelles poursuites judiciaires


Des pressions dénoncées jusque dans son entourage


En septembre 2025, Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, avait publiquement exprimé son inquiétude face aux pressions et aux menaces policières visant Saïd Salhi et ses frères restés en Algérie. Elle avait appelé à la cessation de ces intimidations et à sa protection.


Pour Riposte Internationale, la situation de Saïd Salhi soulève une question fondamentale : la liberté d’expression peut-elle être garantie si la critique pacifique du pouvoir expose à des poursuites, y compris lorsque son auteur vit en exil ? Critiquer les autorités, appeler à une mobilisation pacifique et réclamer la libération de détenus d’opinion sont des expressions politiques qui doivent pouvoir être exercées dans le respect des libertés fondamentales.


À l’approche de l’audience du 26 octobre, Riposte Internationale appelle à une vigilance particulière concernant les poursuites visant Saïd Salhi et les pressions rapportées à l’encontre de sa famille. Ces intimidations font également peser une pression sur son père, âgé de 80 ans, déjà éprouvé par l’éloignement de son fils contraint à l’exil. Le harcèlement visant les proches d’un défenseur des droits humains constitue une source supplémentaire d’inquiétude et ne saurait être banalisé.

La liberté d’expression ne doit pas s’arrêter aux frontières. L’exil ne doit pas réduire au silence celles et ceux qui défendent les droits humains, ni faire subir à leurs familles le prix de leur engagement.

Source : Said Salhi, Riposte internationale.

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