Algérie : renvoi du dossier devant le tribunal criminel dans l’affaire du journaliste Mourad Ait Mimou

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Le dossier du journaliste Mourad Atmimou connaît un nouveau tournant judiciaire. Après la transmission de son dossier par le juge d’instruction près le tribunal d’Azazga au procureur général près la cour de Tizi-Ouzou, l’affaire a été examinée par la chambre d’accusation lors de l’audience du 31 août 2026.

Selon les informations communiquées le 1er septembre par son avocate, Maître Yamina Alili, malgré les arguments présentés par le collectif de défense, il a été décidé de poursuivre Mourad Atmimou pour le crime d’apologie d’une organisation terroriste et de renvoyer officiellement son dossier devant le tribunal criminel.

Cette décision suscite une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains et de la liberté de la presse, compte tenu de la lourdeur de la qualification retenue contre un journaliste dont les poursuites avaient notamment été présentées comme liées à des publications diffusées sur les réseaux sociaux.

Pour rappel, Atmimou avait été arrêté le 7 juillet dernier à la cafétéria Kessi par des agents en civil, Mourad Atmimou avait ensuite été conduit au commissariat d’Azazga. Ses téléphones avaient été saisis et soumis à une expertise. Le 9 juillet, le juge d’instruction avait ordonné son placement sous mandat de dépôt.

Journaliste connu en Kabylie, Mourad Atmimou s’était notamment fait connaître à travers son émission « Tizi n wassa-a », diffusée sur Dzaïr TV avant la fermeture de la chaîne. Il poursuivait depuis son activité principalement sur les réseaux sociaux, où il commentait régulièrement l’actualité politique et sociale.

Riposte Internationale exprime sa profonde inquiétude face à cette nouvelle étape judiciaire et appelle les autorités algériennes à garantir à Mourad Atmimou l’ensemble de ses droits, notamment le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable.

Le renvoi devant le tribunal criminel pour une accusation aussi grave soulève de sérieuses interrogations quant au traitement judiciaire de la liberté d’expression et de l’activité journalistique. La lutte contre le terrorisme ne saurait justifier la criminalisation de l’expression pacifique ou de la critique politique.

Riposte Internationale réaffirme sa solidarité avec Mourad Atmimou et rappelle que la liberté de la presse, le droit à l’information et la liberté d’expression constituent des fondements essentiels de tout État de droit.

Source : Me Alili Yamina.

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