Algérie : Mustapha Benfodil de nouveau empêché de quitter le territoire

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L’écrivain, dramaturge et journaliste algérien Mustapha Benfodil a été refoulé ce jeudi 3 septembre 2026 à l’aéroport d’Alger, alors qu’il devait s’envoler pour une résidence d’écriture à La Chartreuse (Villeneuve-lez-Avignon) dans le cadre de sa pièce Générations radieuses, consacrée aux essais nucléaires français au Sahara algérien. C’est la deuxième fois qu’il se voit empêché de voyager depuis juillet, dans le cadre d’une Interdiction de sortie du territoire national (ISTN) dont il fait l’objet depuis janvier 2026, après avoir publié dans El Watan un simple compte rendu de lecture consacré au gaz de schiste. Il a publié à ce sujet le communiqué suivant (version française puis arabe) :

« COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Ce jeudi 3 septembre 2026, j’ai été refoulé une nouvelle fois à l’aéroport d’Alger.

Je devais prendre le vol de la compagnie Air Algérie de 13h25 (AH 1022) à destination de Marseille.

Après avoir été refoulé une première fois le 13 juillet 2026, la Police des Frontières (PAF) m’a fait savoir que je faisais toujours l’objet d’une ISTN – une Interdiction de sortie du territoire national – sans préciser par quelle autorité cette mesure a-t-elle été émise ni pour quel motif.

Le déplacement que je devais effectuer ce 3 septembre s’inscrit dans le cadre d’un projet audacieux initié par la compagnie El-Ajouad avec laquelle je collabore depuis de nombreuses années. Il s’agit d’une pièce théâtrale intitulée « GÉNÉRATIONS RADIEUSES » qui traite des essais nucléaires français en Algérie. J’étais censé prendre part à une résidence artistique organisée par la compagnie du 3 au 11 septembre à La Chartreuse, un haut lieu de la création théâtrale contemporaine qui se trouve à Villeneuve-Lez-Avignon.

(Voir : https://chartreuse.org/site/generations-radieuses)

C’est peu dire que cette résidence constitue une étape importante dans le processus de production de cette œuvre qui entend contribuer à documenter l’un des crimes coloniaux les plus abominables commis en Algérie, à savoir les expériences atomiques menées par la France dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966, et dont les effets persistent jusqu’à ce jour.

C’est la deuxième fois que je me vois empêché de rejoindre l’équipe artistique qui mène ce travail, après avoir été privé une première fois, en juillet dernier, de participer à une rencontre autour de cette pièce dans le cadre du festival d’Avignon. L’interdiction qui m’est infligée nuit nécessairement au projet, m’empêchant d’y apporter ma modeste contribution en tant qu’auteur du texte qui a besoin d’échanger en permanence avec le metteur en scène, avec les comédiens, pour affiner la structure dramaturgique de la pièce, sachant que le théâtre est un art résolument collectif.

Cela fait presque huit mois maintenant que je suis interdit de voyage à l’étranger, depuis le 18 janvier 2026 pour être exact. Ce jour-là, et pour la première fois dans ma carrière de journaliste qui s’étale sur plus de trente ans, j’ai été convoqué par les services de sécurité pour un article. J’ai été convoqué précisément par la Direction des Renseignements généraux, sise à Hydra, et l’article en question était une simple recension d’un numéro de la revue NAQD qui venait de sortir, intitulé : « Gaz de schiste : risques et enjeux ». Je me suis vu alors notifier verbalement que j’étais placé sous ISTN au motif que le gaz de schiste est un sujet « sensible ».

Il convient de rappeler que NAQD est une revue prestigieuse connue pour son sérieux et sa rigueur académique. C’est une revue algérienne, qui est éditée et distribuée en Algérie. Elle est dirigée par l’éminent historien Daho Djerbal. Je me dois également de préciser que j’ai pour habitude de consacrer une recension à la parution de chaque nouveau numéro de NAQD. Donc, ce n’était pas la première fois que je faisais un article sur cette revue.

L’article paru le 18 janvier reposait entièrement sur ce numéro qui, dois-je le souligner, est tout à fait légal et a reçu l’aval des autorités compétentes.

Dans une déclaration publiée le 18 juillet dernier suite à mon premier refoulement, l’historien et directeur de la revue NAQD, Daho Djerbal, déclarait :

« En reprenant la présentation du N° 44 de NAQD sur le gaz de schiste, M. Mustapha Benfodil n’a fait que son métier de journaliste professionnel comme il le fait depuis des décennies à chaque sortie d’un numéro de la revue NAQD. Ce numéro 44, comme tous les autres numéros depuis 35 années, édité et diffusé en Algérie, n’a pas fait l’objet d’une interdiction de paraitre ou d’une quelconque saisie pour une raison ou pour une autre ».

Par ailleurs, il est utile de mentionner un point important, à savoir que cet article n’a donné lieu à aucune plainte de la part d’aucune institution de l’État ni d’aucun organisme, public ou privé.

Quelques semaines après avoir été informé que je faisais l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national, j’ai appris de sources sûres que mon nom ne figurait pas dans le Fichier national de la police relatif aux personnes légalement placées sous ISTN.

Sur la foi de cette assurance, et alors que j’avais annulé d’autres déplacements auparavant, je me suis présenté le 13 juillet 2026 à l’aéroport international Houari-Boumediène pour me rendre au festival d’Avignon. Après environ une demi-heure d’attente, un officier de la PAF m’a annoncé qu’il ne pouvait pas me laisser voyager, me signifiant que j’étais bel et bien sous ISTN.

À partir de cette date, je me suis livré à un véritable périple procédurier aux accents kafkaïens, écumant tout ce que Alger compte d’enseignes sécuritaires et judiciaires, d’un côté, pour vérifier s’il n’y avait pas une autre affaire à laquelle mon nom serait mêlé, et d’un autre côté, pour m’enquérir de la procédure à suivre pour faire appel de cette décision.

C’est ainsi que je me suis rendu à deux reprises à la DGSN. Je me suis rendu également à la DGSI.

Je me suis déplacé au ministère de la Justice ainsi qu’au Parquet général près la Cour d’Alger.

Je me suis renseigné en outre auprès de la Sûreté de wilaya d’Alger (Commissariat central), à la direction des RG au niveau de la wilaya, de même qu’à la sûreté de daïra de Sidi M’hamed (Cavaignac) et auprès de la police judiciaire de Bab el Oued.

Par ailleurs, j’ai enquêté auprès de l’ensemble des tribunaux de l’Algérois. Je me suis rapproché du bureau du procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed, de Bab el Oued, de Bir Mourad Raïs et de Dar El Baïda.

J’ai déposé une requête auprès de la plupart des instances que je viens d’énumérer, et j’attends leur réponse.

En attendant que cette bataille procédurière livre son verdict, voici quelques faits qu’il me paraît utile de relever :

• À l’issue de mes investigations, il est apparu clairement qu’il n’existe aucune trace de poursuites à mon encontre.

• À aucun moment, je n’ai été déféré devant le parquet ni n’ai été entendu par un magistrat instructeur.

• Je n’ai pas plus été auditionné de manière formelle par une quelconque autorité ayant qualité de police judiciaire.

• Je n’ai signé aucun PV d’audition.

• Mon casier judiciaire est vierge.

Autre fait hautement significatif : l’ISTN dont je fais l’objet, comme il m’a été donné de l’établir, a été prise en dehors du circuit légal alors que l’interdiction de voyage est rigoureusement encadrée par la loi. La restriction qui m’est imposée est une ISTN dite « administrative » qui ne tient pas compte des dispositions de l’article 49 du code des procédures pénales. Cet article dit :

Art. 49. — Le procureur de la République peut, pour les nécessités de l’enquête, et sur rapport motivé de l’officier de police judiciaire, interdire, en vertu d’une ordonnance motivée, la sortie du territoire national de toute personne à l’encontre de laquelle il existe des indices faisant présumer sa probable implication dans un crime ou un délit.

L’interdiction de sortie du territoire national est notifiée à l’intéressé.

L’interdiction de sortie du territoire national, prise conformément aux dispositions de l’alinéa premier, prend effet pour une durée de trois (3) mois renouvelable une seule fois.

Toutefois, lorsqu’il s’agit des infractions de terrorisme, ou des autres infractions portant atteinte à la sûreté de l’Etat ou des infractions de corruption, l’interdiction peut être renouvelée jusqu’à la clôture de l’enquête.

La levée de l’interdiction de sortie du territoire national est ordonnée selon les mêmes formes, soit d’office par le procureur de la République, soit à la demande de l’intéressé.

Dans mon cas :

• L’interdiction de sortie du territoire n’émane manifestement pas d’une autorité judiciaire.

• Elle ne m’a pas été notifiée par écrit.

• Mon ISTN a dépassé le délai légal prévu par la loi.

• Dans l’hypothèse où l’ISTN « administrative » émise à mon encontre serait motivée par une enquête préliminaire dont je ferais l’objet suite à l’article du 18 janvier, à ce jour, je n’ai été convoqué par aucune autorité sécuritaire ou judiciaire au sujet de cet article, et aucun membre de mon entourage familial ou professionnel n’a été approché dans le cadre d’une telle enquête.

Devant la fragilité et l’incertitude des voies de recours qui me sont offertes, j’interpelle les hautes autorités de l’État, au premier chef Monsieur le Président de la République Abdelmadjid Tebboune, les priant de mettre un terme à mon ISTN qui a tout d’une mesure abusive et arbitraire.

S’il est établi qu’un de mes écrits, journalistiques ou littéraires, tombe sous le coup de la loi, qu’on me traduise devant la justice, et que la loi me soit appliquée dans toute sa rigueur.

Je fais entièrement confiance à la justice de mon pays.

S’il s’avère que je n’ai rien commis qui justifiât la restriction inique à laquelle je suis soumis, qu’on lève cette interdiction qui me prive d’un droit fondamental protégé par la Constitution qui, en son article 49, dispose :

Tout citoyen a le droit de choisir librement le lieu de sa résidence et de circuler librement sur le territoire national. Le droit d’entrée et de sortie du territoire national lui est garanti. Toute restriction à ces droits ne peut être ordonnée que pour une durée déterminée par une décision motivée de l’autorité judiciaire.

Mustapha Benfodil, auteur et journaliste

Alger le 3 septembre 2026

بيان صحفي

هذا الخميس 3 سبتمبر 2026 تم منعي مجددا من السفر في مطار الجزائر حيث كنت متوجها إلى مرسيليا على متن الرحلة رقم 1022 للخطوط الجوية الجزائرية المبرمجة على الساعة الواحدة و 25 دقيقة مساءا.

فبعد منعي من السفر للمرة الأولى في 13 جويلية 2026 ، شرطة الحدود أبلغتني أنني لا زلت محل إجراء المنع من مغادرة التراب الوطني(ISTN) دون أن تحدد الجهة التي أصدرت هذا القرار و ما يبرره.

تنقلي الى خارج الوطن اليوم كان سيندرج ضمن مشروع مسرحي جريء من إنتاج فرقة « الأجواد » التي أتعاون معها منذ سنوات. المشروع عبارة عن عرض مسرحي بعنوان « أجيال مشعة » « GÉNÉRATIONS RADIEUSES » حول التجارب النووية الفرنسية في الجزائر. وكان من المفروض أن التحق هذا الخميس بإقامة فنية من تنظيم فرقة « الأجواد » من 3 الى 11 سبتمبر 2026 في أحد الفضاءات المهمة للإبداع المسرحي المعاصر وهو « لا شارتروز »(La Chartreuse) الذي يقع في مدينة فيلنوف لي أفينيون Villeneuve-Lès-Avignon. (https://chartreuse.org/site/generations-radieuses)

و هذه الإقامة الفنية هي محطة بارزة في مسار إنجاز هذا العمل المسرحي الذي يسعى في جوهره إلى المساهمة في توثيق واحدة من أبشع جرائم الاستعمار الفرنسي وهي الجرائم النووية التي ارتكبتها فرنسا في الصحراء الجزائرية بين 1960 و 1966، و التي لا زالت آثارها مستمرة إلى اليوم.

هذه هي المرة الثانية التي أمنع فيها من الالتحاق بالفرقة الفنية التي تعكف للتحضير لهذا العرض المسرحي بعد أن تم إجهاض محطة سابقة من هذا المسار الإبداعي إثر حرماني من المشاركة في لقاءات مسرحية مهمة في مهرجان أفينيونAvignon في شهر جويلية الماضي. و المنع من السفر المفروض علي يضر حتما بالمشروع ذلك أنني, و بكل تواضع، لدي دور رئيسي في هذا العمل بصفتي صاحب النص، و أنا بحاجة أثناء كتابة المسرحية الى التشاور باستمرار مع مخرج المسرحية و كذلك الممثلين و مصممي الديكور و السينوغرافيا. فالمسرح فن جماعي بامتياز.

إنني ممنوع من حق السفر الى الخارج منذ قرابة الثمانية أشهر، بالضبط منذ تاريخ 18 جانفي 2026. في ذلك اليوم، ولأول مرة في مشواري المهني الذي يمتد على أكثر من 30 سنة، تم استدعائي من طرف مصالح الأمن بسبب مقال صحفي. استدعيت تحديدا من طرف مديرية الاستعلامات العامة (les RG) بحيدرة، والمقال كان بخصوص عدد من مجلة « نقد » (NAQD) حول الغاز الصخري. وأخبرني حينها ضابطان ساميان أنه تم وضعي تحت إجراء المنع من مغادرة التراب الوطني (ISTN)، معللين ذلك بكون موضوع الغاز الصخري « حساسا ».

للتذكير، مجلة « نقد » هي من أبرز المجلات الجزائرية وهي معروفة بجديتها العلمية. تصدر بالجزائر حوالي كل ثلاثة أشهر تحت إشراف المؤرخ الشهير دحو جربال. وكلما نشرت عددا جديدا، خصصت لها مقالا للتعريف بمحتوى ذلك العدد. لم تكن إذن تلك المرة الأولى التي أخصص فيها مقالا لإصدارات المجلة.

والمقال الذي كتبته يستند كلية على ما ورد في ذلك العدد (رقم 44) الذي صدر بصفة قانونية، وقد تم الترخيص له من قبل السلطات المعنية.

في بيان نشره في 18 جويلية 2026 عقب منعي الأول من السفر، مدير المجلة دحو جربال يصرح:

 » إن السيد مصطفى بن فضيل، باستعراضه لمحتوى العدد رقم 44 من مجلة «NAQD» حول الغاز الصخري، لم يقم سوى بأداء واجبه كصحفي محترف، كما يفعل منذ عقود مع صدور كل عدد من مجلة «NAQD» . و هذا العدد رقم 44، شأنه شأن جميع الأعداد الأخرى التي صدرت على مدى 35 عامًا، والتي تم تحريرها وتوزيعها في الجزائر، لم يخضع لأي حظر على النشر أو أي مصادرة لأي سبب من الأسباب. »

من جهة أخرى، لابد من التنويه الى نقطة مهمة وهي أنه لم تتقدم أية مؤسسة من مؤسسات الدولة بشكوى ضد هذا العمل الصحفي ولم يتم استدعائي من قبل أية جهة قضائية بسببه.

بعد إخطاري شفويا بالمنع من السفر بأيام من طرف مصالح الاستعلامات العامة بحيدرة، قمت بإلغاء جميع مواعيدي الأدبية خارج الوطن. و بعدها بأسابيع تلقيت خبرا من مصادر موثوقة مفاده أنه لا أثر لإسمي في السجل الوطني للشرطة (Fichier national) المتعلق بالمواطنين المعنيين بإجراء المنع من السفر بصفة قانونية.

على أساس هذه الضمانات، توجهت إلى المطار يوم 13 جويلية بغرض الالتحاق بمهرجان أفينيون Avignon. بعد نحو نصف ساعة من الانتظار أمام أعوان شرطة الحدود، أعلمني ضابط أنه لا يمكن له السماح لي بالسفر.

منذ ذلك الحين و أنا أصول و أجول في أروقة المحاكم و مديريات الأمن. قمت بتحريات معمقة على مدى أسابيع، حيث تنقلت إلى أهم الهيئات الأمنية و القضائية على مستوى العاصمة لمعرفة ما إذا كنت محل شكوى من أية جهة كانت أو محل متابعة قضائية.

من جهة أخرى هدفي من تقربي من هذه الهيئات كان الاستفسار حول الإجراءات القانونية للطعن في قرار المنع من السفر الصادر بحقي بصفة أراها تعسفية.

تنقلت مرتين إلى مقر المديرية العامة للأمن الوطني ((DGSN، و تنقلت أيضا إلى المديرية العامة للأمن الداخلي (DGSI)، وعدت مرة أخرى إلى مديرية الاستعلامات العامة بحيدرة، و توجهت أيضا إلى أمن ولاية الجزائر و مصالح الاستعلامات لولاية الجزائر و كذلك أمن دائرة سيدي محمد و الشرطة القضائية لدائرة باب الواد.

كما تنقلت الى وزارة العدل والنيابة العامة لدى مجلس قضاء الجزائر، إضافة الى مكتب وكيل الجمهورية لدى محكمة سيدي محمد، و محكمة باب الواد، و محكمة بئر مراد رايس و محكمة الدار البيضاء.

قمت بإيداع عريضة لدى معظم هذه الجهات و أنا في انتظار الرد.

وبغض النظر عما ستسفر عنه الإجراءات القانونية التي قمت بها و الاتصالات التي أجريتها، النتيجة التي خلصت إليها بعد كل هذه التحريات هي أنه:

• لا يوجد أثر لأية متابعة قضائية ضدي.

• لم يتم تبليغي رسميا بأي دعوى قضائية.

• لم يتم تحريك الدعوة العمومية ضدي ولم يتم تقديمي أمام وكيل الجمهورية.

• لم يتم الاستماع إلي من قبل الضبطية القضائية لأي سلك من أسلاك الأمن.

• لم أوقع على أي محضر.

• صحيفة السوابق العدلية المتعلق بي خالية من كل حكم سابق أو عقوبة.

تبين في الأخير بأن إجراء المنع من مغادرة التراب الوطني الصادر في حقي هو قرار إداري (ISTN administrative) تم اتخاذه كإجراء احترازي، و هذا القرار لم يتم فيه مراعاة أحكام المادة 49 من قانون الإجراءات الجزائية.

هذه المادة تقول:

« يمكن لوكيل الجمهورية لضرورة التحريات، وبناء على تقرير مسبب من ضابط الشرطة القضائية، أن يمنع، بموجب أمر معلل، كل شخص توجد ضده دلائل ترجح ضلوعه في جناية أو جنحة من مغادرة التراب الوطني. يبلغ أمر المنع من مغادرة التراب الوطني للمعني. يسري أمر المنع من مغادرة التراب الوطني، المتخذ وفقا لأحكام الفقرة الأولى، لمدة ثلاثة (3) أشهر قابلة للتجديد مرة واحدة. غير أنه، إذا تعلق الأمر بجرائم الإرهاب أو بالجرائم الأخرى الماسة بأمن الدولة أو بجرائم الفساد، يمكن تمديد المنع إلى غاية الانتهاء من التحريات. يرفع إجراء المنع من مغادرة التراب الوطني بنفس الأشكال، من طرف وكيل الجمهورية تلقائيا أو بناء على طلب المعني. »

في القضية التي تعنيني:

• لم أجد لحد الساعة أي أثر لإجراء منع من مغادرة التراب الوطني صادر ضدي من قبل النيابة أو أية جهة قضائية.(ISTN judiciaire)

• لم يتم تبليغي بهكذا أمر كتابيا.

• منعي من السفر تعدى المدة التي يحددها القانون في أغلب الحالات وهي ثلاثة أشهر قابلة للتجديد مرة واحدة فقط ذلك أنني ممنوع من السفر منذ قرابة ثمانية أشهر.

• إذا سلمنا أنه تم إصدار هذا الأمر كإجراء إداري بداعي فتح تحقيق أولي بشأني أو القيام بتحريات بخصوص المقال الصادر في 18 جانفي ،لحد الآن لم يتم استدعائي مرة ثانية لمساءلتي حول حيثيات تحرير هذا المقال و لم تتصل أية جهة أمنية بأي شخص من أقاربي أو زملائي في المهنة أو طاقم المجلة.

في الأخير، أتوجه بنداء الى السلطات العليا للبلاد وعلى رأسها السيد رئيس الجمهورية عبد المجيد تبون لإنصافي و رفع هذا المنع الذي لا زال يلاحقني.

إذا تبين أن إحدى كتاباتي، سواء أكانت صحفية أم أدبية، تشكل جنحة يعاقب عليها القانون، فليتم تقديمي أمام العدالة وأنا كلي ثقة في عدالة بلادي.

و إذا لا يوجد ما يبرر إدانتي، فليرفع على هذا القيد الذي يمنعني من التمتع بحق مكفول دستوريا كأي مواطن جزائري. المادة 49 من الدستور تنص صراحة على أنه:

« يحق لكل مواطن يتمتع بحقوقه المدنية والسياسية أن يختار بحرية موطن إقامته، وأن يتنقل بحرية عبر التراب الوطني. لكل مواطن الحق في الدخول إلى التراب الوطني والخروج منه. لا يمكن تقييد هذه الحقوق إلاّ لمدة محددة، وبموجب قرار معلل من السلطة القضائية. »

مصطفي بن فضيل

كاتب وصحفيي

الجزائر في 3 سبتمبر 2026″

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