Algérie : l’universitaire Nassima Souilah condamnée après des publications sur Facebook

Retour à  Accueil 

L’enseignante-chercheuse Nassima Souilah a été condamnée, le 17 septembre 2026, par le tribunal d’El Hadjar à un an de prison avec sursis et 50 000 dinars d’amende dans une affaire liée à des publications diffusées sur Facebook. Le parquet avait requis trois années de prison ferme. Riposte Internationale s’inquiète du recours aux poursuites pénales contre des personnes pour des opinions exprimées dans l’espace numérique.

Nassima Souilah, chercheuse en sciences chimiques et enseignante à l’Université d’Annaba, a comparu jeudi 17 septembre devant le tribunal d’El Hadjar, dans la wilaya d’Annaba. À l’issue de l’audience, la juridiction l’a condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 50 000 dinars algériens.

Deux jours auparavant, le 15 septembre, l’universitaire avait été convoquée par les services de la police centrale d’Annaba afin d’être entendue au sujet de publications diffusées sur son compte Facebook. Après son audition, elle avait été laissée en liberté et convoquée devant le parquet du tribunal d’El Hadjar pour le 17 septembre.

Présentée au procureur de la République, elle a ensuite été renvoyée devant le tribunal dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Au cours de l’audience, le ministère public avait requis trois ans de prison ferme à son encontre. La juridiction a finalement prononcé une peine d’emprisonnement avec sursis.

Une nouvelle procédure liée à l’expression sur les réseaux sociaux

Au-delà de la peine prononcée, cette affaire soulève une nouvelle fois la question du traitement judiciaire des contenus publiés sur les réseaux sociaux en Algérie.

Ces dernières années, les publications sur Facebook et, plus largement, les prises de position exprimées dans l’espace numérique ont donné lieu à de nombreuses procédures judiciaires concernant notamment des militants, journalistes, défenseurs des droits humains, universitaires et citoyens engagés dans le débat public.

Le fait que la peine prononcée contre Nassima Souilah soit assortie du sursis ne doit pas occulter les conséquences que de telles procédures peuvent avoir sur l’exercice effectif de la liberté d’expression. La perspective d’une convocation policière, d’une comparution devant la justice ou d’une condamnation pénale en raison de publications en ligne est susceptible de favoriser un climat d’autocensure.

Riposte Internationale rappelle que la liberté d’opinion et d’expression doit être garantie dans l’espace numérique comme dans l’espace public. Les citoyens doivent pouvoir exprimer pacifiquement leurs opinions, y compris lorsqu’elles sont critiques, et participer au débat public sans craindre que leurs publications ne conduisent à des poursuites pénales disproportionnées.

Riposte Internationale continuera de documenter les procédures judiciaires liées à l’exercice des libertés publiques et numériques en Algérie et appelle les autorités algériennes à garantir pleinement la liberté d’opinion et d’expression, conformément aux engagements internationaux du pays.

Le 21 septembre 2026.

Soutenez notre combat

Chaque don compte pour nos combats juridiques.
➔ Je soutiens l’association