L’Algérie est de nouveau interpellée sur la scène internationale concernant le respect des libertés syndicales. À l’issue de sa 357e session, le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a adressé un message aux autorités algériennes : seule l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable avec la Confédération des syndicats des forces productives (COSYFOP) permettra de sortir d’une impasse qui dure depuis des années.
Cette décision, rendue dans le cadre de l’examen du dossier n°3434, dépasse largement le cas d’une seule organisation syndicale. Elle met en lumière les difficultés persistantes auxquelles se heurtent les syndicats indépendants en Algérie.
La COSYFOP a accueilli avec satisfaction les recommandations du Comité, saluant une analyse qu’elle considère comme lucide et fidèle à la réalité. Selon la Confédération, les conclusions de l’organe de contrôle de l’OIT confirment que les obstacles administratifs qui entravent son fonctionnement constituent le principal frein à l’exercice effectif de ses droits syndicaux. Elles rappellent également qu’aucune solution durable ne pourra émerger sans une véritable volonté politique de mettre fin à cette situation.
De plus, depuis plusieurs années, la Confédération affirme avoir multiplié les appels au dialogue, sans jamais poser de conditions préalables. Elle réaffirme aujourd’hui sa disponibilité pour engager des discussions constructives avec les autorités, dans le seul objectif de défendre les droits des travailleurs, de promouvoir les libertés syndicales et de contribuer à l’instauration d’un climat fondé sur la concertation, le respect mutuel et la démocratie sociale.
Au-delà de cette affaire, c’est le dialogue social en Algérie qui est aujourd’hui en jeu. Les recommandations du Comité de la liberté syndicale rappellent que les conventions internationales ratifiées par l’État algérien imposent le respect de l’indépendance des organisations syndicales, de leur fonctionnement démocratique et du droit des travailleurs à se regrouper librement pour défendre leurs intérêts.
Dans ce contexte, la décision du Comité apparaît comme une opportunité de tourner une page marquée par les blocages administratifs et les tensions institutionnelles.
La COSYFOP dit vouloir participer à toute initiative sincère visant à bâtir un véritable partenariat social, fondé sur le respect des droits fondamentaux, des libertés syndicales et des droits humains. Pour la Confédération, l’heure n’est plus à la confrontation, mais à la reconnaissance des acteurs sociaux et à l’ouverture d’un dialogue capable de restaurer la confiance.
Source: Confédération syndicale des forces productives