L’économiste et expert financier Djelloul Slama, détenu depuis janvier 2026, doit comparaître jeudi 15 octobre devant le tribunal de Dar El Beïda, à Alger. Son procès, reporté à deux reprises pour des raisons de santé, concerne des poursuites liées à ses prises de position sur des projets économiques nationaux.
Arrêté le 24 janvier 2026, Djelloul Salama a été placé en détention provisoire sur décision du juge d’instruction près le tribunal de Dar El Beïda. Il est poursuivi sur le fondement de l’article 196 bis du Code pénal algérien, relatif à la diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ou à l’ordre public. Dans cette affaire, les faits reprochés à l’économiste sont présentés comme une « entrave à l’investissement dans le but de porter atteinte à l’économie nationale ».
Des critiques économiques à l’origine des poursuites
Connu pour ses interventions médiatiques et ses analyses des politiques économiques algériennes, Djelloul Salama avait notamment exprimé des réserves sur la rentabilité du projet minier de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf. Lors d’une intervention sur la chaîne El-Hayat, il avait évoqué les coûts d’exploitation, les contraintes logistiques et les investissements nécessaires à la viabilité de ce projet stratégique. Son arrestation, survenue après ces déclarations, a suscité des inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains, qui dénoncent des poursuites visant l’expression d’une analyse économique critique. Détenu depuis plus de huit mois, l’économiste doit désormais être jugé après plusieurs reports d’audience liés à son état de santé.
Riposte Internationale appelle au respect de la liberté d’expression
Cette affaire soulève des interrogations sur la liberté du débat économique en Algérie et sur l’utilisation de dispositions pénales contre des experts exprimant publiquement leurs analyses.
Riposte Internationale exprime sa solidarité avec Djelloul Salama et sa préoccupation face à sa détention prolongée pour des faits présentés comme liés à l’exercice de sa liberté d’expression. Notre organisation appelle les autorités algériennes à garantir un procès équitable, à respecter la présomption d’innocence et à mettre fin aux poursuites fondées exclusivement sur l’expression pacifique d’opinions ou d’analyses économiques.
La critique des politiques publiques et des projets économiques doit pouvoir s’exercer librement, sans crainte de poursuites ou d’emprisonnement.
Le 13 octobre 2026.
Sources : Riposte Internationale, Radio des sans voix, Le360.