Le défenseur des droits humains Adel Chetti a été placé en détention provisoire mardi 8 septembre 2026 par le tribunal de Batna. Il est poursuivi pour « outrage à corps constitué » en lien à des publications sur les réseaux sociaux. Le parquet a requis cinq ans de prison et une amende. Le verdict est attendu le 15 septembre. Cette nouvelle affaire judiciaire continue de relancer les inquiétudes de Riposte Internationale autour de la liberté d’opinion et d’expression en Algérie.
Adel Chetti, militant engagé depuis plusieurs années notamment en faveur du droit à un travail digne pour les jeunes, a été placé en détention provisoire à l’issue de sa comparution devant le tribunal de Batna. Selon les éléments communiqués, la police de Batna avait convoqué Adel Chetti le lundi 7 septembre. Interrogé, il a ensuite été placé en garde à vue. Le lendemain, il a été présenté au procureur de la République près le tribunal de Batna, avant d’être renvoyé devant la juridiction dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Riposte Internationale dénonce déjà une procédure expéditive et arbitraire.
Cinq ans de prison requis
Lors de l’audience du 8 septembre, le parquet a requis une peine de cinq années d’emprisonnement ainsi qu’une amende. Le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré et a fixé au mardi 15 septembre 2026 le prononcé du jugement. Dans l’attente de cette décision, Adel Chetti demeure en détention provisoire.
Les poursuites portent sur des contenus publiés sur les réseaux sociaux et sont fondées sur le chef d’« outrage à corps constitué ». Cette qualification intervient alors que les publications numériques font depuis plusieurs années l’objet d’une attention particulière des autorités judiciaires algériennes. Cela dépasse ainsi le seul cadre judiciaire et alerte sur la situation des libertés publiques en Algérie.
« Les prisons se remplissent de porteurs et porteuses d’espoir »
L’arrestation d’Adel Chetti s’inscrit ainsi dans un contexte de multiplication des arrestations et des poursuites visant des voix critiques notamment sur les réseaux sociaux. Ses soutiens dénoncent un « silence assourdissant », Adel Chetti devenant un détenu d’opinion de plus. Ils appellent à ne pas oublier les autres personnes détenues dans des affaires liées à leurs opinions ou à leurs activités militantes, ainsi que leurs familles.
Le 15 septembre, une date attendue
Alors que le jugement doit être rendu mardi 15 septembre, l’affaire Adel Chetti s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur les limites de la liberté d’expression en ligne en Algérie. Au-delà de la décision judiciaire qui sera rendue dans cette affaire, c’est une nouvelle fois la question de la place accordée aux voix militantes et critiques dans l’espace public qui est posée.
Pour les proches d’Adel Chetti, et Riposte Internationale, l’enjeu est clair : obtenir sa libération et rappeler que l’expression pacifique d’une opinion ne devrait jamais conduire à l’emprisonnement. Le 15 septembre sera donc une nouvelle échéance importante pour Adel Chetti, mais aussi un moment clé pour la liberté d’expression et d’opinion en Algérie.
Source : Addad Hakim Mohammed.