Algérie : le journaliste Mostafa Benjamaa condamné à Annaba

Retour à  Accueil 

Annaba – Une nouvelle condamnation vient frapper la liberté de la presse en Algérie.

Le journaliste Mostafa Benjamaa a été condamné par le tribunal d’Annaba à six mois de prison ferme, assortis d’une amende de 200 000 dinars, ainsi que de 100 000 dinars de dommages et intérêts au profit du Trésor public.

Le journaliste était poursuivi pour deux chefs d’accusation lourds :

« Exposition de publications au public de nature à porter atteinte à l’intérêt national »

« Diffusion de fausses ou de mauvaises informations auprès du public, de nature à porter atteinte à la sécurité publique ou à l’ordre public ».

Cette condamnation s’inscrit dans un contexte marqué par une pression judiciaire croissante sur les journalistes, militants et voix critiques, où l’expression publique, le travail d’information et l’activité journalistique sont de plus en plus criminalisés.

Au-delà du cas individuel de Mostafa Benjamaa, cette décision judiciaire pose une question fondamentale :

Peut-on encore exercer le journalisme librement en Algérie sans risquer la prison ?

Les charges retenues contre lui reposent sur des formulations vagues, régulièrement utilisées pour réprimer l’expression, réduire l’espace médiatique et intimider les professionnels de l’information. Elles participent à un climat de peur qui fragilise l’ensemble du paysage médiatique et affaiblit le droit du citoyen à une information libre, pluraliste et indépendante.

Cette affaire rappelle que le journalisme n’est pas un crime, mais un pilier fondamental de toute société démocratique. La prison ne devrait jamais être une réponse au travail d’information. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un journaliste qui est condamné. C’est un principe qui est attaqué : celui de la liberté d’expression et du droit à l’information.

Soutenez notre combat

Chaque don compte pour nos combats juridiques.
➔ Je soutiens l’association