Algérie : le défenseur des droits humains Adel Chetti condamné à deux ans de prison ferme

Retour à  Accueil 

Le défenseur des droits humains Adel Chetti a été condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de 400 000 dinars par le tribunal de Batna, avec mandat de dépôt. Poursuivi pour « outrage à un corps constitué », sur le fondement de l’article 146 du Code pénal, il avait été placé en détention après son interpellation au début du mois de septembre. Le parquet avait requis cinq années d’emprisonnement à son encontre. Pour Riposte Internationale, cette condamnation soulève une nouvelle fois de sérieuses inquiétudes quant à la répression de l’expression critique et militante en Algérie.

Adel Chetti, militant engagé depuis plusieurs années dans la défense des droits humains et notamment en faveur du droit à un travail digne pour les jeunes, avait été convoqué par la police de Batna le 7 septembre 2026. Après son interrogatoire, il avait été placé en garde à vue, puis présenté le lendemain au procureur de la République près le tribunal de Batna.

Il avait ensuite été renvoyé devant le tribunal dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. À l’issue de cette audience, Adel Chetti avait été placé en détention dans l’attente du prononcé du jugement.

Lors de l’audience, le parquet avait requis une peine particulièrement lourde de cinq années d’emprisonnement ainsi qu’une amende. Le tribunal avait alors mis l’affaire en délibéré. Le défenseur des droits humains a finalement été condamné à deux ans de prison ferme et 400 000 dinars d’amende, avec mandat de dépôt. Les poursuites reposent sur le chef d’« outrage à un corps constitué », prévu par l’article 146 du Code pénal, et sont liées à des publications diffusées sur les réseaux sociaux.

Cette condamnation intervient dans un contexte où les publications en ligne et l’expression de positions critiques continuent de donner lieu à des poursuites judiciaires en Algérie. Le cas d’Adel Chetti dépasse ainsi la seule situation individuelle du militant et pose une nouvelle fois la question de l’exercice effectif de la liberté d’opinion et d’expression dans le pays.

Depuis son arrestation, les soutiens d’Adel Chetti dénoncent le traitement judiciaire réservé au militant et appellent à ne pas oublier les personnes détenues ou poursuivies en raison de leurs opinions et de leurs activités militantes, ainsi que leurs familles.

Riposte Internationale exprime sa vive préoccupation face à cette condamnation. L’utilisation d’une disposition pénale relative à l’« outrage à un corps constitué » à l’encontre d’un défenseur des droits humains pour des publications diffusées sur les réseaux sociaux interroge directement la protection de la liberté d’expression, notamment lorsqu’elle concerne des prises de position critiques à l’égard des institutions publiques. L’affaire Adel Chetti s’inscrit plus largement dans les préoccupations régulièrement exprimées concernant le recours au droit pénal contre des militants, défenseurs des droits humains et autres voix critiques en Algérie.

Pour Riposte Internationale, l’expression pacifique d’opinions, y compris lorsqu’elles sont critiques à l’égard des institutions et des autorités publiques, ne devrait pas conduire à l’emprisonnement. L’organisation appelle à la libération d’Adel Chetti et rappelle la nécessité de garantir pleinement les libertés d’opinion et d’expression ainsi que l’exercice des activités de défense des droits humains en Algérie.

Soutenez notre combat

Chaque don compte pour nos combats juridiques.
➔ Je soutiens l’association