Algérie : dans le cas Saïd Boudour, la rapporteuse spéciale à l’ONU interpelle Alger

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La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseur·e·s des droits humains Andrea Bolaños Vargas, nommée en mars 2026 pour succéder à Mary Lawlor, se dit « profondément préoccupée » par les menaces d’arrestation, les actes d’intimidation et les récentes menaces de mort visant le journaliste d’investigation et défenseur algérien des droits humains Saïd Boudour.

En effet, dans une déclaration du vendredi 25 septembre 2026 (photo ci-dessus), l’experte souligne que ces pressions interviennent alors que Saïd Boudour poursuit son travail journalistique sur la corruption, les libertés civiles, les prisonniers politiques et le Hirak algérien. Elle rappelle également sa coopération avec les mécanismes internationaux de défense des droits humains.

Elle appelle les autorités algériennes à mener une enquête « rapide, approfondie, impartiale et efficace » sur les menaces signalées et à garantir sa protection. Selon elle, la persistance de procédures judiciaires et de mesures restrictives, lorsqu’elles sont liées à l’exercice légitime d’activités journalistiques et de défense des droits humains, pourrait constituer des actes de représailles visant à entraver la presse indépendante.

Acquitté, mais toujours sous restrictions

Le cas de Saïd Boudour est d’autant plus préoccupant qu’il a été acquitté le 26 février 2025 par le tribunal criminel d’appel près la cour d’Alger, avec les militants Kaddour Chouicha et Jamila Loukil, dans l’affaire dite « Rachad » d’Oran. Pour rappel, ils avaient été poursuivis depuis 2021 pour des accusations liées notamment au terrorisme. Une première décision d’acquittement avait déjà été rendue en décembre 2023.

Malgré ces décisions, le journaliste affirme que certaines conséquences administratives et sécuritaires de ces procédures demeurent. Il indique notamment être toujours frappé par une mesure l’empêchant de quitter le territoire algérien, en vigueur depuis septembre 2019.

Saïd Boudour affirme avoir entrepris plusieurs démarches auprès des autorités afin de faire régulariser sa situation, sans résultat définitif. Il explique notamment ne pas pouvoir prendre l’avion et devoir effectuer certains déplacements professionnels par la route, avec la crainte d’être interpellé lors d’un contrôle.

Un parcours marqué par les poursuites

Le journaliste a été arrêté en juin 2018 après avoir évoqué dans la presse l’affaire des 701 kilogrammes de cocaïne saisis à Oran. En novembre 2020, il a été condamné par défaut à un an de prison pour des publications sur Facebook. Après s’être constitué prisonnier en mars 2021, il a finalement été condamné à deux mois avec sursis pour « outrage à corps constitué ».

En avril 2021, il a de nouveau été interpellé alors qu’il couvrait une marche du Hirak à Oran et placé sous contrôle judiciaire. Cette mesure s’est prolongée pendant une longue période, tandis que ses recours pour obtenir sa levée étaient rejetés.

Ces années de procédures ont eu des conséquences importantes sur sa liberté de mouvement et sur l’exercice de son métier. Toutefois, son acquittement n’a pas, selon lui, entraîné la disparition de l’ensemble des restrictions qui continuent de peser sur sa situation. Les récentes menaces de mort signalées à son encontre ajoutent désormais une dimension sécuritaire à un dossier déjà marqué par plusieurs années de procédures et de restrictions.

Riposte Internationale apporte son soutien à Saïd Boudour

Riposte Internationale condamne fermement les menaces, intimidations et restrictions visant Saïd Boudour et dénonce toute entrave à la liberté de la presse, et au travail des journalistes et des défenseurs des droits humains en Algérie. Nous réclamons une enquête indépendante et transparente sur les menaces de mort dont il fait l’objet, ainsi que la mise en œuvre effective des décisions judiciaires d’acquittement. Nous demandons également la levée de toute restriction administrative ou sécuritaire injustifiée qui continuerait de limiter sa liberté de circulation et son activité professionnelle, telle que l’interdiction de sortie du territoire national. Aucun journaliste ne devrait avoir à exercer son métier sous la menace, et aucune procédure judiciaire ne devrait pouvoir devenir un instrument d’intimidation.

La déclaration de l’experte des Nations unies place désormais les autorités algériennes face à une demande internationale claire : enquêter sur les menaces, protéger Saïd Boudour et garantir aux journalistes et défenseurs des droits humains un environnement libre de toute intimidation ou représailles.

Source : Saïd Boudour.

Le 29 septembre 2026.

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