Algérie : dans l’affaire Latifa Dib, l’ancienne avocate voit sa peine réduite à deux ans de prison ferme en appel

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La Cour d’Alger a réduit la peine prononcée contre Latifa Dib, ancienne avocate et présidente de l’Organisation nationale des compétences et élites féminines algériennes. Condamnée en première instance à quatre ans de prison ferme, elle écope désormais de deux ans d’emprisonnement ferme. L’amende de 200 000 dinars a, en revanche, été maintenue.

Si la peine est réduite, la décision rendue le 15 septembre 2026, confirme la qualification pénale retenue en juin 2026 de l’ancienne avocate : les poursuites l’accusent d’« avoir présenté au public des publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national », infraction établie à l’article 96 du Code pénal algérien, à la suite de publications sur les réseaux sociaux.

Une condamnation réduite de moitié

Le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed avait condamné Latifa Dib en juin dernier à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars. Le parquet avait requis une peine de cinq ans de prison ainsi qu’une amende de 500 000 dinars. La défense avait, ensuite, fait appel.

La Cour d’Alger a finalement réduit la peine d’emprisonnement à 24 mois, tout en maintenant l’amende et la qualification pénale retenue en première instance.

Des publications à l’origine des poursuites

L’affaire remonte au printemps 2026, lorsque Latifa Dib avait publié plusieurs contenus sur les réseaux sociaux. Lors de son procès, l’ancienne avocate avait contesté les accusations. Elle avait notamment affirmé que ses publications visaient à solliciter une protection, et non à porter atteinte au pouvoir. Placée en détention provisoire au début du mois de juin, elle avait ensuite été condamnée en première instance.

Elle avait par ailleurs été radiée du barreau d’Alger à la suite d’une procédure disciplinaire liée à ses prises de parole publiques.

Une affaire qui relance le débat sur la liberté d’expression

Cette affaire soulève des interrogations sur la liberté d’expression et l’utilisation du droit pénal à l’encontre de publications diffusées sur les réseaux sociaux : Riposte Internationale condamne cette menace explicite à la liberté de la presse, et la fragilisation du droit à une justice équitable.

Latifa Dib était pourtant connue ces dernières années pour ses prises de position favorables au pouvoir. Son parcours donne ainsi une dimension particulière à cette affaire : le pouvoir ne rate personne, ni ses adversaires, et encore moins ses alliés.

Sources : Algérie 360°, Karim Ath Maouch, Riposte Internationale.

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