Deux ans après le début de plusieurs procédures judiciaires visant des militants, des universitaires et des membres de la société civile, plusieurs personnes restent confrontées à des situations judiciaires qui n’ont toujours pas trouvé d’issue définitive. Entre détentions prolongées, mesures de contrôle judiciaire et reports d’audiences, ces affaires continuent de susciter des interrogations sur la durée des procédures et leurs conséquences humaines.
Parmi les personnes concernées figurent notamment l’universitaire et militante des droits humains Mira Moknache, ainsi que Rafik Belayel, Khoudir Bouchelaghem, Mohand Tahar Achiche, Salem Bouaza, Lounes Ghougad et Ghiles Benkerrou. Placés sous mandat de dépôt depuis deux ans, ils demeurent incarcérés dans l’attente de l’évolution de leurs dossiers judiciaires.
Pour leurs proches et leurs soutiens, cette période prolongée représente une épreuve importante. Ils dénoncent une situation marquée par l’incertitude et soulignent les conséquences de ces procédures sur la vie familiale et personnelle des personnes concernées.
D’autres personnes impliquées dans ces affaires ne sont pas détenues, mais restent soumises à des restrictions judiciaires. Mokrane Boudjema, Malek Boudjema, Mustapha Akouche, Yuva Menguellat et Mouloud Menguellat continuent ainsi d’être placés sous contrôle judiciaire, avec des obligations qui limitent leur liberté de mouvement et influencent leur quotidien.
La situation de Maître Sofiane Ouali reste également marquée par une longue attente judiciaire. L’avocat, qui bénéficie d’une liberté provisoire, attend toujours son procès devant le tribunal criminel d’Alger.
Son affaire a déjà connu plusieurs reports. Prévue initialement le 25 décembre 2025, l’audience a été renvoyée au 29 janvier 2026, puis au 5 février 2026. Une nouvelle programmation avait ensuite été fixée au 9 juin 2026 avant qu’un nouveau report ne soit décidé lors de la dernière session criminelle. À ce jour, son dossier n’a toujours pas été examiné au fond.
Pour les soutiens des personnes concernées, la succession des reports et la durée de ces procédures soulèvent la question du respect du droit à être jugé dans un délai raisonnable. Ils estiment que cette attente prolongée maintient les personnes poursuivies et leurs familles dans une situation d’incertitude constante.
À l’occasion de ce deuxième anniversaire, plusieurs voix appellent au respect des garanties d’une justice indépendante et demandent que les procédures en cours soient traitées dans des délais raisonnables. Les soutiens des personnes concernées réclament également la libération de ceux qu’ils considèrent comme des détenus d’opinion ainsi que la levée des restrictions imposées aux autres personnes poursuivies.
Deux ans après le début de ces affaires, ces dossiers restent ainsi au centre des préoccupations des défenseurs des droits humains en Algérie, qui y voient un symbole des difficultés rencontrées par certains militants et acteurs de la société civile dans l’exercice de leurs activités.
Source : Fetta Sadat.