Ahmed Ketfi condamné à trois ans de prison ferme à Bordj Bou Arréridj

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Le tribunal de Ras El Oued, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, a condamné le 23 juin 2026 l’activiste et prisonnier d’opinion Ahmed Ketfi à trois années de prison ferme assorties d’une amende.

Cette condamnation intervient à l’issue de son procès tenu le 9 juin 2026 pour le chef d’accusation de « diffusion de publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national », prévu par l’article 96 du Code pénal algérien.

Lors de l’audience, le parquet avait requis une peine de cinq années de prison ferme accompagnée d’une amende. Le tribunal a finalement prononcé une peine de trois ans d’emprisonnement.

Les poursuites engagées contre Ahmed Ketfi sont liées à sa participation à la campagne en ligne #Manich_Radhi, qui avait suscité une importante mobilisation sur les réseaux sociaux.

L’affaire remonte au 30 décembre 2024, date à laquelle Ahmed Ketfi a été arrêté devant son domicile avant d’être placé en garde à vue. Présenté le 2 janvier 2025 devant le juge d’instruction, il avait été placé en détention provisoire.

Au début de la procédure, il était poursuivi pour « apologie d’actes terroristes » en vertu de l’article 87 bis du Code pénal ainsi que pour « diffusion de publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national » au titre de l’article 96.

À l’issue de l’instruction, la chambre d’accusation a toutefois abandonné la qualification criminelle liée à l’article 87 bis et n’a retenu que le délit de diffusion de publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national. C’est sur ce seul fondement que la condamnation à trois ans de prison ferme a été prononcée.

Cette affaire intervient dans un contexte marqué par la poursuite de procédures judiciaires visant des militants, activistes et détenus d’opinion poursuivis pour leurs publications ou leurs activités en ligne. Les articles 87 bis et 96 du Code pénal continuent de faire l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent leur utilisation dans des affaires liées à l’exercice des libertés d’expression et d’opinion.

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