Relizane : douze citoyens condamnés à trois ans de prison ferme chacun, une nouvelle atteinte grave aux libertés fondamentales
Riposte Internationale exprime sa profonde indignation et sa vive inquiétude à la suite des condamnations prononcées le 3 novembre 2026 par le tribunal criminel de première instance près la cour de Relizane, à l’encontre de douze citoyens, condamnés chacun à trois années de prison ferme, avec placement immédiat en détention.
Parmi les personnes condamnées figurent plusieurs militants et anciens détenus d’opinion, ainsi qu’Assia Khaldi, sœur du défenseur des droits humains Yacine Khaldi.
Ces condamnations ne constituent qu’un nouvel épisode dans une série de poursuites judiciaires visant des dizaines d’Algériens en raison de leurs opinions, de leurs prises de position et de leur engagement citoyen et politique pacifique.
Les Algériens sont jugés par dizaines, les condamnations à des peines de prison se succèdent, dans un contexte qui donne le sentiment que l’État a déclaré la guerre à son propre peuple, au lieu de protéger ses droits et de garantir ses libertés fondamentales.
La poursuite de ces pratiques suscite de graves inquiétudes quant au risque de voir la justice devenir un instrument destiné à faire taire les voix dissidentes et à intimider les citoyens, alors qu’elle devrait constituer un rempart pour la protection des droits et des libertés.
Les condamnations prononcées à Relizane reposent sur des accusations particulièrement graves, notamment « l’appartenance à une organisation terroriste », « l’apologie d’actes terroristes » et « le complot contre l’autorité de l’État ». Elles soulèvent de sérieuses interrogations quant au respect des libertés fondamentales et des garanties d’un procès équitable.
Riposte Internationale condamne avec la plus grande fermeté le recours aux dispositions de la législation antiterroriste, notamment l’article 87 bis du Code pénal algérien, lorsqu’elles sont utilisées pour criminaliser l’expression pacifique des opinions, l’engagement citoyen ou la solidarité avec les détenus d’opinion.
Notre organisation rappelle que la lutte contre le terrorisme, aussi légitime et nécessaire soit-elle, ne saurait justifier des restrictions disproportionnées aux libertés publiques ni servir de fondement à des poursuites contre des citoyens pour le seul exercice pacifique de leurs droits.
La gravité des peines prononcées et le placement immédiat en détention des douze personnes condamnées rendent indispensable un examen rigoureux des faits qui leur sont reprochés, des éléments de preuve présentés contre elles et du respect effectif des droits de la défense.
Riposte Internationale rappelle que l’Algérie est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont les articles 14 et 19 consacrent respectivement le droit à un procès équitable et la liberté d’expression.
Nul ne doit être privé de sa liberté pour avoir exprimé pacifiquement ses convictions, défendu les droits fondamentaux ou manifesté sa solidarité avec des personnes détenues.
Face à cette situation, Riposte Internationale demande aux autorités algériennes de garantir pleinement les droits de la défense, de permettre un réexamen effectif et impartial de ces condamnations et de procéder à la libération de toute personne emprisonnée uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses libertés fondamentales.
Notre organisation appelle également les mécanismes compétents des Nations unies et les organisations internationales de défense des droits humains à accorder une attention particulière à cette affaire, ainsi qu’à l’utilisation de la législation antiterroriste dans les poursuites judiciaires visant des militants et des défenseurs des droits humains.
Riposte Internationale exprime son entière solidarité avec les douze personnes condamnées et leurs familles, aujourd’hui confrontées aux conséquences humaines et sociales de ces lourdes peines.
La justice est faite pour protéger les droits et les libertés, non pour devenir un instrument de répression de l’expression pacifique des opinions. Répondre aux revendications légitimes des citoyens par la logique de la sanction et de l’emprisonnement ne saurait se substituer au respect des droits, des libertés et au dialogue.
Riposte Internationale réaffirme sa détermination à poursuivre son travail de documentation et de dénonciation des violations des droits humains, ainsi que son soutien aux victimes de l’arbitraire et de l’injustice.
Montreuil, le 5 novembre 2026