Le tribunal criminel d’appel près la cour d’Alger a décidé, lundi 2 novembre 2026, de renvoyer au 30 novembre prochain le procès en appel de Wafia Tidjani, militante associative et humanitaire kabyle, détenue depuis le 4 mars 2025.
Connue pour son engagement auprès des familles de détenus d’opinion et des populations défavorisées, Wafia Tidjani avait été condamnée, le 21 avril 2026, par le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda, à cinq ans de réclusion pour le chef d’accusation d’« appartenance à une entité terroriste visant la sécurité de l’État et l’unité nationale », sur le fondement des articles 87 bis et 87 bis 3, alinéa 2, du Code pénal algérien.
Elle était également poursuivie pour « complot dans le but de porter atteinte à l’unité nationale », en vertu de l’article 78, alinéa 1, du Code pénal. Elle avait toutefois été acquittée de ce second chef d’accusation.
À la suite des appels interjetés par les parties, son dossier devait être réexaminé le lundi 2 novembre devant le tribunal criminel d’appel d’Alger. L’audience a finalement été renvoyée au 30 novembre 2026.
Une militante humanitaire détenue depuis près de vingt mois
Arrêtée le 4 mars 2025 à At Douala, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Wafia Tidjani est connue pour ses nombreuses initiatives de solidarité en faveur des personnes vulnérables, des familles démunies et des proches de détenus d’opinion.
À travers ses activités associatives et son agence « Wafia Tourisme », elle a notamment organisé des actions d’entraide, des collectes et des déplacements au profit de familles en difficulté. Elle s’est également mobilisée auprès des populations touchées par les incendies dévastateurs qui ont frappé la Kabylie, notamment dans les régions de Vgayet et de Larbaa Nat Iraten.
Son engagement humanitaire lui avait déjà valu des poursuites judiciaires et un placement sous contrôle judiciaire en août 2023, notamment pour des accusations liées à des attroupements et à la diffusion de publications considérées comme portant atteinte à l’intérêt national.
Des inquiétudes persistantes sur ses conditions de détention
La situation de Wafia Tidjani suscite également des préoccupations concernant son état de santé et ses conditions de détention.
Des informations rapportées par ses proches avaient notamment fait état d’une fracture au bras ayant nécessité la pose d’un plâtre, sans que les circonstances de cette blessure aient été officiellement éclaircies.
Ces éléments soulèvent des interrogations sur la protection de son intégrité physique et sur l’accès aux soins médicaux appropriés durant son incarcération.
Un nouveau report qui prolonge l’attente
Après près de vingt mois de privation de liberté, ce nouveau renvoi prolonge l’attente de Wafia Tidjani et de ses proches, qui espèrent une issue favorable à cette procédure.
Son affaire soulève plus largement des interrogations sur l’utilisation des dispositions antiterroristes du Code pénal algérien, notamment l’article 87 bis, dans des procédures visant des militants associatifs et des personnes engagées dans des activités de solidarité.
Riposte Internationale rappelle l’importance du respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense, du droit à un procès équitable et de la protection de l’intégrité physique de toute personne privée de liberté.
La prochaine audience est fixée au lundi 30 novembre 2026, devant le tribunal criminel d’appel près la cour d’Alger.
Sources : Riposte Internationale