La cour de Batna a réduit la peine du défenseur des droits humains et membre du Comité des chômeurs, Adel Chetti, initialement condamné à deux ans de prison ferme. À l’issue de son procès en appel, sa condamnation a été ramenée à six mois de prison ferme et six mois avec sursis, assortis d’une amende. Une décision qui intervient après plusieurs semaines de détention et dans un contexte de préoccupations concernant la liberté d’expression en Algérie.
Une peine réduite après une condamnation à deux ans de prison
Adel Chetti avait été condamné le 15 septembre 2026 par le tribunal de Batna à deux ans de prison ferme et à une amende de 400 000 dinars algériens. Les poursuites engagées contre lui reposaient sur des publications et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, qualifiées d’« outrage à un corps constitué », en vertu de l’article 146 du Code pénal algérien.
Lors de son premier procès, le parquet avait requis cinq années d’emprisonnement ainsi qu’une amende. Le militant avait été placé en détention provisoire dès le 8 septembre, avant le prononcé du jugement.
Après avoir contesté cette condamnation, Adel Chetti a comparu devant la cour de Batna dans le cadre de son procès en appel. Selon les dernières informations communiquées, la juridiction a finalement réduit sa peine à six mois de prison ferme et six mois de prison avec sursis, assortis d’une amende, dont le montant n’a pas été précisé.
Une audience en appel marquée par des inquiétudes
Selon les informations précédemment relayées par ses proches, Adel Chetti aurait comparu en appel sans l’assistance d’un avocat. Cette situation avait suscité des interrogations concernant les conditions dans lesquelles il avait pu assurer sa défense.
Parallèlement, sa famille avait fait état de problèmes de santé, notamment de possibles complications cardiaques, soulevant des inquiétudes quant à sa prise en charge médicale en détention. Ces informations médicales n’ont pas fait l’objet d’une confirmation indépendante.
Détenu à la prison de Hamla III, à Batna, Adel Chetti est engagé depuis plusieurs années dans la défense des droits sociaux et des libertés publiques. Membre du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), il s’était notamment mobilisé pour le droit au travail, l’accès au logement et avait participé aux manifestations du Hirak à partir de 2019.
Une affaire suivie par les défenseurs des droits humains
Depuis son arrestation le 7 septembre 2026, plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé les poursuites engagées contre Adel Chetti.
Riposte Internationale avait exprimé sa vive préoccupation après sa condamnation en première instance, estimant que l’emprisonnement d’un militant pour des publications critiques sur les réseaux sociaux soulevait de sérieuses questions concernant la protection de la liberté d’expression.
Si la décision rendue en appel réduit sensiblement la peine initiale, Adel Chetti reste condamné à une peine d’emprisonnement ferme. Son affaire continue ainsi d’illustrer les préoccupations exprimées par les organisations de défense des droits humains concernant les poursuites judiciaires visant des militants pour leurs prises de position publiques en Algérie.
Sources : Riposte Internationale, Radio des sans voix.