Algérie : Adel Chetti jugé en appel sans avocat, sur fond d’inquiétudes pour son état de santé

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Condamné le 15 septembre 2026 à deux ans de prison ferme pour des publications et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, le défenseur des droits humains Adel Chetti a récemment comparu en appel devant la cour de Batna, sans l’assistance d’un avocat. Le verdict est attendu le 18 octobre prochain. Parallèlement, des informations communiquées par sa famille font état de problèmes de santé, notamment de complications cardiaques, qui suscitent des inquiétudes quant à ses conditions de détention.

Un engagement militant de longue date

Adel Chetti est un défenseur des droits humains et militant originaire de Batna, connu depuis plusieurs années pour son engagement en faveur des libertés publiques et des droits sociaux. Il a notamment été présenté comme un représentant local du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC). En 2017, il s’était mobilisé autour de la question de l’attribution des logements sociaux à Batna, dénonçant des irrégularités dans les listes de bénéficiaires et réclamant davantage de transparence dans leur distribution.

Son engagement s’est poursuivi lors du Hirak, le mouvement populaire pacifique né en février 2019 pour réclamer un changement politique et davantage de libertés en Algérie. Adel Chetti a participé aux mobilisations organisées à Batna et contribué à l’organisation de déplacements de manifestants vers Alger, notamment à l’occasion des manifestations du 1er novembre 2019.

Une arrestation suivie d’une condamnation à deux ans de prison

Adel Chetti a été interpellé au début du mois de septembre 2026, dans ses locaux à Batna, avant d’être placé en garde à vue puis présenté au procureur de la République. Il a ensuite été renvoyé devant le tribunal dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.

Les poursuites engagées contre lui reposent sur des publications et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Il lui est notamment reproché des faits qualifiés d’« outrage à un corps constitué », une infraction prévue par l’article 146 du Code pénal algérien.

Lors de l’audience du 8 septembre, le parquet aurait requis cinq ans de prison et une amende. Le 15 septembre 2026, le tribunal de Batna l’a finalement condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de 400 000 dinars.

Détenu à la prison de Hamla III, à Batna, Adel Chetti a contesté cette décision en faisant appel.

Une audience en appel sans avocat et un verdict attendu le 18 octobre

Selon les dernières informations relayées par ses proches, Adel Chetti a récemment comparu devant la cour de Batna dans le cadre de son procès en appel. L’audience se serait déroulée sans la présence d’un avocat, en raison de circonstances difficiles qui ne lui auraient pas permis de bénéficier d’une assistance juridique. La décision de la cour est attendue le 18 octobre 2026.

Cette situation soulève de nouvelles interrogations concernant le respect des droits de la défense et les garanties d’un procès équitable. Le droit à l’assistance d’un avocat constitue en effet une garantie fondamentale, notamment consacrée par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Algérie est partie.

L’absence d’avocat lors de cette audience appelle donc des éclaircissements sur les conditions dans lesquelles Adel Chetti a pu préparer et présenter sa défense.

Des inquiétudes concernant son état de santé

Au-delà de la procédure judiciaire, la situation médicale d’Adel Chetti suscite également des préoccupations.

Selon des informations communiquées par un membre de sa famille, le militant souffrirait de problèmes de santé accompagnés de complications cardiaques. La possibilité de lui faire effectuer des examens médicaux à l’extérieur de l’établissement pénitentiaire aurait également été évoquée.

Ces informations nécessitent encore d’être précisées, notamment concernant la nature des complications signalées et l’accès effectif du détenu aux soins nécessaires.

La situation rappelle l’obligation des autorités pénitentiaires de garantir aux personnes détenues un accès à des soins médicaux adaptés à leur état de santé, conformément aux normes internationales relatives au traitement des détenus.

Une affaire révélatrice des restrictions à la liberté d’expression en Algérie

L’affaire Adel Chetti s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites judiciaires visant des militants et défenseurs des droits humains pour leurs prises de position publiques. Le recours à l’infraction d’« outrage à un corps constitué » pour sanctionner des publications sur les réseaux sociaux pose notamment la question de la protection de la liberté d’expression et du droit de critiquer les institutions publiques.

À quelques jours du verdict en appel, deux préoccupations demeurent : les conditions dans lesquelles Adel Chetti a pu exercer ses droits de la défense et la prise en charge de son état de santé en détention.

Son parcours militant, engagé depuis de nombreuses années dans la défense des droits sociaux et des libertés publiques, donne à cette affaire une portée qui dépasse sa seule situation individuelle.

Sources : Chekaoui Nawfel, Riposte Internationale.

Le 13 octobre 2026.

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