Malgré un avis officiel des Nations unies qualifiant sa détention d’arbitraire et demandant sa libération, Mohamed Baba Nadjar demeure emprisonné en Algérie depuis octobre 2005. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans une affaire controversée, ce militant amazigh mozabite continue de clamer son innocence. Sa famille alerte aujourd’hui sur la dégradation de son état de santé et dénonce ses conditions de détention.
L’ONU reconnaît le caractère arbitraire de sa détention
Dans son avis n° 79/2022, adopté en novembre 2022 et publié le 3 avril 2023, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que la privation de liberté de Mohamed Baba Nadjar était arbitraire et contraire aux normes internationales relatives aux droits humains. Les experts onusiens ont notamment relevé des violations des garanties judiciaires ainsi qu’une dimension discriminatoire liée à son appartenance à la communauté amazighe des Beni Mzab et à son engagement pour la reconnaissance de ses droits culturels. Le Groupe de travail a demandé aux autorités algériennes de libérer Mohamed Baba Nadjar et de lui accorder des réparations, notamment une indemnisation.
Le gouvernement algérien a cependant rejeté ces conclusions, affirmant que sa condamnation respectait la législation nationale et que ses droits avaient été garantis au cours des procédures judiciaires. Plus de trois ans après la publication de cet avis, Mohamed Baba Nadjar demeure derrière les barreaux.
Une condamnation contestée depuis 2005
Arrêté en octobre 2005 à Ghardaïa, Mohamed Baba Nadjar avait été accusé de l’assassinat de Brahim Bazine, responsable local du Croissant-Rouge algérien. Condamné à perpétuité en 2006, puis à nouveau en 2009, il a toujours nié son implication dans ce crime. Ses proches et ses défenseurs dénoncent depuis deux décennies les irrégularités qui auraient entaché son procès, notamment la non-prise en compte de témoignages confirmant son alibi.
Selon ses soutiens, sa condamnation serait également liée à son engagement militant auprès de Kamel Eddine Fekhar, défenseur des droits des Mozabites, décédé en détention en 2019.
Une santé préoccupante et des appels urgents
Après plusieurs grèves de la faim destinées à dénoncer sa détention, Mohamed Baba Nadjar présenterait aujourd’hui un état de santé fragile. Dans une lettre rendue publique le 1er mai 2026, à la suite d’une visite familiale, ses proches ont alerté sur ses conditions de détention. Ils rapportent notamment des problèmes de malnutrition, une interruption de traitement médical et l’absence d’examens réguliers depuis son transfert de la prison de Guelma vers celle de Laghouat. Ces accusations, qui n’ont pas été vérifiées de manière indépendante, suscitent de vives inquiétudes au sein de sa famille, qui affirme craindre pour sa vie. Ses proches appellent les autorités judiciaires et pénitentiaires à intervenir rapidement pour garantir sa sécurité et lui assurer une prise en charge médicale appropriée.
Plus de vingt ans d’attente pour la justice
L’affaire Mohamed Baba Nadjar soulève des interrogations persistantes sur le respect des droits fondamentaux, l’équité des procédures judiciaires et la prise en compte des recommandations internationales par les autorités algériennes.
Alors que les Nations unies ont officiellement qualifié sa détention d’arbitraire, sa famille et les défenseurs des droits humains continuent de réclamer sa libération.
La liberté n’est pas une faveur accordée par le pouvoir, et la justice ne doit pas être un privilège réservé à certains. Après plus de vingt années d’incarcération, le cas de Mohamed Baba Nadjar rappelle l’urgence de garantir à chaque citoyen le respect de sa dignité, de sa sécurité et de ses droits fondamentaux. Riposte Internationale demande la libération de Mohamed Baba Nadjar.
Source officielle : Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, avis n° 79/2022, A/HRC/WGAD/2022/79, Riposte Internationale.