Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’affaire du journaliste Abdelali Mezghiche. Selon son avocate Me Fatiha Rouibi, le journaliste indépendant Abdelali Mezghiche sera prochainement jugé par le tribunal correctionnel de Chéraga. Le juge d’instruction du tribunal de Chéraga a en effet rendu une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Le dossier est désormais en attente de la programmation de l’audience.
Pour rappel, cette décision intervient plusieurs mois après l’arrestation du journaliste, le 5 février 2026 à Alger. Mezghiche avait été arrêté à la suite de publications sur sa page Facebook, suivie par plus de 130 000 personnes, consacrées notamment à la colère d’habitants de Djanet face à une vague d’incarcérations de personnalités locales.
Le 9 février, il fut introduit devant le parquet du tribunal de Chéraga et entendu par un juge d’instruction, qui avait ordonné son placement en détention provisoire. Il fut dès lors incarcéré à la prison de Koléa : la défense avait indiqué avoir fait appel de la décision. Le journaliste est sous le coup de cinq chefs d’inculpation, comme la « publication sur les réseaux sociaux de contenus susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national » et « l’incitation à un attroupement non armé ».
À ce stade, aucune date d’audience n’a été annoncée. Le renvoi devant le tribunal correctionnel ne constitue pas une déclaration de culpabilité, dans la mesure où les faits reprochés à Abdelali Mezghiche devront être examinés par la juridiction compétente.
Riposte Internationale condamne une mesure répressive pour le seul exercice pacifique du journalisme et de la liberté d’expression. Cela ne devrait jamais amener au risque de la privation de liberté. Nous dénonçons également le recours à la détention provisoire dans une affaire liée à l’exercice de la liberté d’expression et au travail journalistique.
Nous demandons aux autorités algériennes de garantir à Abdelali Mezghiche un procès équitable, le respect de la présomption d’innocence et les droits de la défense.
Nous attendons, enfin, de la justice qu’elle examine cette affaire dans le respect des garanties fondamentales.
Sources : Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Le Matin d’Algérie, Me Fatiha Rouibi.
Le 28 septembre 2026.