À deux jours des élections législatives marocaines du 23 septembre, Reporters sans frontières (RSF) alerte sur une campagne de diffamation visant plusieurs journalistes connus pour leurs positions critiques. Riposte Internationale condamne toute forme d’intimidation visant la presse et rappelle qu’aucune élection ne peut être pleinement éclairée lorsque les journalistes travaillent sous la menace.
Depuis la fin juillet, selon RSF, plusieurs journalistes marocains font l’objet d’une série d’attaques en ligne. Taoufik Bouachrine, Hamid El Mahdaoui, Soulaimane Raissouni et Ali Anouzla sont notamment ciblés par des articles publiés sur les sites Barlamane.com et Assafir 24, puis relayés sur Facebook, Instagram et TikTok.
RSF affirme avoir identifié des dizaines de comptes participant à la diffusion de ces contenus. Les publications ne se limiteraient pas à critiquer le travail journalistique : elles mettraient en cause la vie privée, la réputation et les motivations des journalistes, certains étant accusés d’agir pour « l’étranger » ou contre les intérêts du Maroc. Des montages réalisés à l’aide de l’intelligence artificielle, parfois à caractère sexuel, auraient également été diffusés. Le 16 septembre, plusieurs publications visant notamment Hamid El Mahdaoui et Taoufik Bouachrine auraient circulé le même jour sur différents comptes et pages.
Une pression qui inquiète à l’approche du scrutin
Pour RSF, la multiplication de ces attaques contre plusieurs journalistes indépendants, à quelques jours d’une échéance électorale majeure, est particulièrement préoccupante. L’organisation estime que les campagnes visant à discréditer personnellement les journalistes peuvent constituer une forme d’intimidation susceptible de limiter leur liberté d’informer.
Cette situation intervient dans un contexte déjà marqué par des pressions judiciaires et médiatiques contre des journalistes marocains. RSF rappelle notamment les précédentes affaires concernant Taoufik Bouachrine, Soulaimane Raissouni et Omar Radi, libérés en 2024 à la faveur d’une grâce royale.
La situation concernant la liberté de la presse est particulièrement alarmante au Maroc : le pays figure au 105e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 établi par RSF.
Riposte Internationale condamne fermement les campagnes de haine, de diffamation et d’intimidation dirigées contre les journalistes, quels que soient leur pays ou leur orientation éditoriale. Les journaliste doivent pouvoir enquêter, questionner les pouvoirs publics et rendre compte de l’actualité sans craindre les représailles, les menaces, les poursuites abusives ou les attaques visant leur vie privée.
Riposte Internationale rappelle sa défense indéfectible pour la liberté d’expression et la liberté de la presse et dénonce les pratiques destinées à instaurer la peur et le silence chez les journalistes et les voix critiques. Nous appelons donc les autorités à protéger les journalistes et à garantir leur sécurité, mais aussi à permettre aux médias nationaux et internationaux d’exercer leur mission sans intimidation. Toute menace ou campagne de harcèlement doit faire l’objet d’une enquête et les victimes doivent disposer de recours judiciaires effectifs.
La liberté de la presse est une condition essentielle du droit des citoyens à une information pluraliste et indépendante. À l’approche d’une élection, sa protection devient d’autant plus urgente et fondamentale.
Sources : Reporters sans frontières.
Le 21 septembre 2026.