Algérie : une nouvelle condamnation à un an de prison ferme contre le journaliste Abdelkrim Zeghileche

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Le journaliste et militant politique Abdelkrim Zeghileche vient de faire l’objet d’une nouvelle condamnation judiciaire. Le tribunal correctionnel de Constantine l’a condamné par contumace à un an de prison ferme et à une amende de 100 000 dinars algériens, dans une affaire liée à deux publications diffusées sur son compte Facebook.

Cette nouvelle décision ne doit pas être confondue avec les précédentes condamnations prononcées à son encontre au cours de l’année 2026. Elle concerne une procédure distincte dans laquelle Abdelkrim Zeghileche était poursuivi pour « exposition au regard du public de publications susceptibles de nuire à l’intérêt national », sur le fondement de l’article 96 du Code pénal.

Les poursuites ayant donné lieu à la condamnation de ce mois de septembre reposent sur deux publications à caractère politique diffusées sur Facebook les 22 mars et 13 avril 2025. Dans la première, Abdelkrim Zeghileche revenait notamment sur les nombreuses procédures judiciaires engagées contre lui et établissait un lien entre celles-ci et ses prises de position critiques à l’égard du système de gouvernance algérien. Il y abordait également les questions de démocratie et de libertés publiques.

La seconde publication intervenait après des déclarations du président Abdelmadjid Tebboune relatives à son deuxième mandat. Zeghileche y exprimait ses critiques à l’égard de la gouvernance du pays et abordait notamment la situation économique et sociale ainsi que le pouvoir d’achat. Selon les informations publiées, ces deux publications ont constitué le fondement de la nouvelle procédure engagée contre lui au titre de l’article 96 du Code pénal.

Cette décision intervient quelques mois seulement après plusieurs autres condamnations visant le journaliste. Le 19 mai 2026, le tribunal de Constantine l’avait notamment condamné à un an de prison, dont six mois ferme et six mois avec sursis, ainsi qu’à une amende de 100 000 dinars, pour « incitation à la haine ». Cette affaire concernait une publication dans laquelle il proposait la création d’un cadre juridique permettant aux personnes estimant avoir subi une répression politique de faire valoir leurs droits par des moyens légaux et pacifiques.

Deux autres condamnations avaient ensuite été prononcées en juin. Le 18 juin, il avait été condamné à un an de prison ferme pour « diffusion volontaire de nouvelles malveillantes parmi le public susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique et à l’ordre public ». Le 24 juin, une nouvelle peine d’un an de prison ferme avait été prononcée dans une autre procédure relative à la législation contre la discrimination et les discours de haine.

La condamnation de septembre vient donc s’ajouter à une succession de dossiers judiciaires distincts, dont plusieurs trouvent leur origine dans des publications sur les réseaux sociaux et dans les prises de position politiques du journaliste.

Cette accumulation est d’autant plus préoccupante qu’Abdelkrim Zeghileche affirme avoir découvert récemment l’existence d’une nouvelle procédure engagée contre lui sans en avoir été préalablement informé. Selon son témoignage, il aurait appris l’existence de cette affaire en se rendant au tribunal afin de récupérer plusieurs jugements et de préparer ses recours. Il affirme n’avoir reçu aucune convocation et n’avoir pas eu connaissance de la tenue du procès ayant abouti à sa condamnation.

Au-delà du cas individuel d’Abdelkrim Zeghileche, cette nouvelle décision pose une nouvelle fois la question de l’utilisation de dispositions pénales formulées autour de notions telles que « l’intérêt national », « l’ordre public » ou le « discours de haine » à l’encontre de journalistes et de militants en raison de leurs publications et prises de position politiques.

En mai 2026, Amnesty International avait déjà attiré l’attention sur les multiples procédures visant Abdelkrim Zeghileche, relevant que cinq affaires différentes étaient alors engagées contre lui, notamment pour « outrage au président » et pour des publications susceptibles de « porter atteinte à l’intérêt national ». L’organisation considérait que les publications concernées relevaient de l’exercice du droit à la liberté d’expression.

Pour Riposte Internationale, la multiplication des procédures et des condamnations visant Abdelkrim Zeghileche suscite de sérieuses préoccupations quant au respect de la liberté d’expression et de la liberté de la presse en Algérie. L’exercice pacifique d’une opinion politique, y compris lorsqu’elle critique directement les institutions et les responsables publics, doit pouvoir s’exercer dans le respect des garanties prévues par la Constitution algérienne et par les engagements internationaux de l’Algérie.

Riposte Internationale exprime sa solidarité avec Abdelkrim Zeghileche et appelle au respect de ses droits fondamentaux et de l’ensemble des garanties liées à un procès équitable. L’organisation réaffirme plus largement son attachement à la liberté de la presse et à la liberté d’expression, ainsi qu’à la protection des journalistes, militants et défenseurs des droits humains en Algérie.

Sources : Karim Ath Maouche, Riposte internationale.

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