Algérie : Nadia Moussaoui (Tamazight Moussaoui) deux ans requis pour une publication Facebook

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À M’Chedallah, dans la wilaya de Bouira, l’enseignante de tamazight Nadia Moussaoui est poursuivie à la suite d’une publication sur Facebook dans laquelle elle aurait exprimé son opinion personnelle à propos du vote lors du scrutin législatif du 2 juillet. Le parquet a requis deux années d’emprisonnement. Maintenue en détention provisoire, elle doit connaître la décision du tribunal le 22 septembre.

L’affaire de Nadia Moussaoui mérite une attention particulière parce qu’elle concerne une question fondamentale : le droit d’une personne à exprimer publiquement une opinion politique sans que cette expression ne conduise à son emprisonnement.

D’après les informations communiquées par sa défense, Nadia Moussaoui, enseignante de tamazight, est poursuivie pour le contenu d’une publication diffusée sur Facebook. Le message concernait son opinion personnelle sur le vote lors du scrutin législatif du 2 juillet.

Deux années requises par le parquet

Lors de l’audience tenue au tribunal de M’Chedallah, le parquet a requis, selon sa défense, deux années d’emprisonnement contre Nadia Moussaoui.

La prévenue a par ailleurs été maintenue en détention provisoire jusqu’au prononcé du jugement, fixé au 22 septembre.

La question de la détention provisoire est particulièrement importante dans ce dossier. Une personne poursuivie demeure présumée innocente tant qu’une décision définitive de culpabilité n’a pas été rendue. La privation de liberté avant jugement doit donc répondre aux conditions prévues par la loi et ne peut être considérée comme une condamnation anticipée.

Une opinion politique peut-elle devenir une affaire pénale ?

Au-delà du cas personnel de Nadia Moussaoui, c’est cette question qui donne à son procès une portée particulière.

Exprimer une opinion sur un scrutin, soutenir ou rejeter une participation électorale, appeler à voter ou à ne pas voter relève de la discussion politique. Dans une société pluraliste, les citoyens doivent pouvoir confronter leurs opinions, y compris sur les élections et les institutions.

Si une publication politique constitue juridiquement une infraction, il appartient évidemment à la justice d’en préciser la base légale et les éléments constitutifs. Mais la réponse pénale doit également être examinée au regard des libertés fondamentales, notamment de la liberté d’expression.

Dans le cas de Nadia Moussaoui, cette question prend une dimension concrète : une publication sur un réseau social a conduit une enseignante devant un tribunal, avec une peine de deux années d’emprisonnement requise par le parquet et un maintien en détention jusqu’au jugement.

Riposte Internationale : les libertés ne sont pas négociables

Pour Riposte Internationale, le cas de Nadia Moussaoui doit être suivi avec la plus grande attention.

Nous demandons que ses droits fondamentaux, les droits de la défense et les garanties d’un procès équitable soient pleinement respectés.

Nous considérons également que l’expression d’une opinion politique ne doit pas être criminalisée simplement parce qu’elle dérange, critique ou remet en question un choix électoral ou institutionnel.

Nous resterons attentifs au jugement qui doit être rendu le 22 septembre et à la situation de Nadia Moussaoui.

La liberté d’expression ne peut être effective que si elle protège également les opinions qui dérangent.

Liberté pour Nadia Moussaoui. Liberté pour toutes les personnes poursuivies pour leurs opinions et leurs prises de parole politiques.

Sources : Radio des sans voix, Riposte Internationale.

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