Le procureur général près la chambre pénale de la Cour d’Alger a requis, mercredi 9 septembre, 10 ans de prison ferme contre Chérif Mellal, président légitime déchu de la JS Kabylie (JSK), dans une affaire impliquant plusieurs autres prévenus et portant sur des supposés transferts de fonds vers l’étranger.
Selon les éléments présentés dans le dossier, Chérif Mellal est poursuivi pour des opérations effectuées via le compte de la société sportive par actions de la JSK. Les sommes concernées s’élèveraient à 275 000 dollars et 300 000 euros, des transferts que l’accusation considère comme contraires à la réglementation relative aux changes et aux mouvements de capitaux de et vers l’étranger.
Les poursuites portent également sur des faits liés à la prévention et à la lutte contre la corruption, au blanchiment d’argent et de produits du crime, ainsi qu’à la dissimulation de la nature et de l’origine de biens. L’accusation évoque également des faits qui auraient été commis dans le cadre d’un groupe criminel et en utilisant les facilités liées à l’activité professionnelle.
Plusieurs années de procédures judiciaires
Le nouveau réquisitoire intervient alors que Chérif Mellal est engagé depuis plusieurs années dans différentes procédures judiciaires.
Placé en détention provisoire en janvier 2023 dans une affaire économique, l’ancien président de la JSK avait notamment été condamné en octobre 2023 à 18 mois de prison pour « atteinte à l’unité nationale », une condamnation annulée par la Cour d’Alger en janvier 2024.
Dans une autre procédure, il a été condamné en octobre 2024 à quatre ans de prison ferme pour violation de la législation sur le contrôle des changes et blanchiment d’argent, peine confirmée en appel en février 2025. Un pourvoi en cassation demeure en attente d’examen.
Ses soutiens dénoncent depuis plusieurs années ce qu’ils considèrent comme un acharnement judiciaire, un dossier monté de toutes pièces, et mettent en avant son action à la tête de la JSK. Chérif Mellal a également observé plusieurs grèves de la faim pour protester contre sa situation.
Le procès qui vient de s’achever semble être plus politique que judiciaire.
Le verdict attendu
La réquisition de 10 ans de prison ferme ne constitue pas une condamnation définitive. La chambre pénale de la Cour d’Alger doit encore examiner les arguments de la défense avant de rendre son verdict.
Pour l’ancien président de la JSK, cette nouvelle audience constitue une étape supplémentaire dans un parcours judiciaire qui dure depuis plusieurs années et qui continue de susciter de nombreuses réactions en Kabylie.
Riposte Internationale dénonce ce qu’elle considère comme un dossier construit de toutes pièces, avec des accusations qui soulèvent des interrogations sur le fond et sur le traitement réservé à Chérif Mellal. Après plusieurs années de détention et de procédures, le sentiment d’un acharnement orchestré est de plus en plus fort. Pour Riposte Internationale, cette affaire pose ainsi la question d’une justice réellement indépendante et impartiale. Nous réclamons sa libération et dénonçons une justice arbitraire.