Ancien journaliste, ex-prisonnier et fondateur de l’association Taferka, implantée à Montreuil depuis 28 ans, Mohand Taferka témoigne des conséquences de son incarcération sur ses relations sociales. Depuis sa sortie de prison, il dit faire face à l’isolement et à la méfiance de son entourage.
Selon lui, certains de ses proches évitent désormais de le côtoyer ou même d’apparaître à ses côtés, par crainte d’être associés à son parcours. Une situation qu’il décrit comme particulièrement douloureuse.
« Tout le monde me fuit. Je suis devenu un pestiféré, personne ne veut s’approcher de moi. Mes propres amis se sont sauvés, ils n’ont pas signé [pour me soutenir].
Quand je suis sorti de prison, notamment lorsque je passe dans certains villages, je les vois : tout le monde détourne la tête, évite mon regard. Ils ne viennent pas me voir.
Pourquoi ? Tout le monde a peur de parler avec moi, tout le monde a peur de m’approcher. Cela fait mal au cœur. Avoir des amis et, après, les voir avoir peur de prendre des photos avec moi ou de venir à l’association… C’est bien dommage. »